Limoges

La Vienne à Limoges

La commune de Limoges est limitée par les communes de Couzeix, Chaptelat, Bonnac-la-Cote, Rilhac-Rancon, Le Palais-sur-Vienne, Panazol, Feytiat, le Vigen, Solignac, Condat-sur-Vienne, Isle, Verneuil-sur-Vienne et Saint-Gence. S'étalant sur plus de 7 000 hectares, la commune de Limoges est l'une des plus vastes du département de la Haute-Vienne.

 

La ville est bâtie de part et d’autre de la Vienne, plus largement sur la rive droite. Son altitude varie de moins de 230 mètres au bord de la rivière à plus de 400 mètres au nord de la commune (lieu-dit Goupilloux).

 

Elle a la forme d'un vaste Y et peut être divisée en quatre parties :

 

La branche inférieure du Y s'étend sur la rive gauche de la Vienne. Elle est constituée de trois lignes de crête (hauteurs de Panazol, hauteurs de Saint-Lazare, hauteurs de Condat à Feytiat) séparées par deux cours d'eau presque parallèles, l'Auzette et la Valoine. Ce secteur comprend de très nombreuses zones résidentielles entourant la grande zone industrielle de Magré et Romanet. On y trouve aussi d'importants équipements sportifs autour du golf de Saint-Lazare. L'agglomération de ce secteur se fond dans les parties urbanisées de Panazol et Condat-sur-Vienne.

La partie centrale s'étend sur la longue ligne de crête qui sépare la Vienne et l'Aurence. Historiquement, c'est sur le versant orienté au Sud-Est, dominant la Vienne, que s'est implantée la ville romaine d'Augustoritum, puis les deux agglomérations voisines et rivales de la Cité et du Château. Le développement industriel de ces deux derniers siècles (porcelaine, chaussure, etc.), a entraîné l'urbanisation rapide et parfois anarchique de ce secteur, autour du centre-ville. L'urbanisme est caractérisé par la présence du centre historique, divisé en deux « noyaux » que sont le Château et la Cité, entouré d'un ensemble résidentiel de type souvent pavillonnaire, avec quelques cités ouvrières et des entreprises très disséminées. La « ZUP de l'Aurence », avec ses tours et ses barres, édifiée dans les années 1960, borne ce secteur le long de l'Aurence. Le bois de la Bastide peut être considéré comme formant une limite de cette partie dite « centrale ». L'agglomération se prolonge uniformément d'un côté dans la commune d'Isle mais est encore assez nettement séparée de la partie urbanisée du Palais-sur-Vienne.

La branche occidentale supérieure du Y s'étend de l'Aurence aux Coussades, de part et d'autre de l'aéroport de Limoges-Bellegarde. Ce secteur, traversé dans toute sa longueur par la route de Limoges à Angoulême, s'appelle Landouge, du nom de son village principal, parfois considéré à tort comme étant une commune indépendante ; ce secteur a une forte personnalité. Encore rural, il s'urbanise néanmoins très vite : les lotissements nombreux marquent de plus en plus ses paysages vallonnés.

La branche orientale supérieure s'étend des bois de la Bastide aux limites de la commune de Bonnac-la-Côte, de part et d'autre de l'autoroute A20, l'ancienne route nationale 20, de Foix à Paris. La vallée supérieure de l'Aurence constitue un élément majeur de cette zone en séparant fortement deux vastes plateaux. Deux parties peuvent être distinguées : au nord, l'ancienne commune de Beaune-les-Mines, rattachée en 1963, rurale mais, comme Landouge, s'urbanisant rapidement ; au sud, bien séparée des autres secteurs, une zone hétérogène comprend, de l'ouest vers l'est, l'importante Zone Industrielle Nord entourée de quelques lotissements (le Mas-Gigou, le Mauzelet, etc.), la ZAC de Beaubreuil, « ville nouvelle » typique de l'urbanisme des années 1970, dont les hautes tours sont cernées de zones pavillonnaires, puis la technopole ESTER et ses entreprises de pointe.

Géologie et relief

 

Topographie de Limoges

À l'instar de nombreuses villes après Rome, parmi lesquelles Saint-Étienne, Tulle, Paris, Yaoundé ou Lisbonne, les historiens, certains géographes et les habitants ont a plusieurs reprises mis en avant « sept collines » dans le topographie limougeaude. Cette expression a été plus récemment utilisée comme argument touristique, notamment par la mairie de Limoges elle-même[1].

 

Plus scientifiquement, le sous-sol limougeaud, comme la quasi-totalité du territoire limousin, est de l’époque précambrienne (granit), mais la ville est située sur un socle de gneiss (plus précisément anatexite)[2].

 

Climat

 

Située à 150 kilomètres à vol d’oiseau de l’océan Atlantique, la ville bénéficie d'un climat tempéré océanique de façade ouest, à légère tendance montagnarde, due à la proximité du Massif central et à l’altitude (la commune culmine à plus de 400 m et les sommets de 500 m sont proches).

 

Les effets du réchauffement climatique sont clairement ressentis à Limoges. Ainsi, la pluviométrie est inférieure à ce qu'elle a pu être jusque dans les années 1980, puisque l'on pouvait alors avoir deux ou trois mois entiers de pluies importantes, principalement au début de l'automne et à la fin du printemps[3]. Les pluies restent assez importantes mais plus espacées car on peut très bien trouver des périodes de plusieurs jours à quelques semaines sans journée pluvieuse. De même, les hivers sont moins neigeux qu'avant, la neige se limitant à une ou deux journées de fortes précipitations par an, généralement fin janvier. L'hiver peut parfois être plus doux, et l’été laisse sa place à un automne clément, parfois véritable été indien. Le total annuel des précipitations, sous l’influence de la montagne proche, est assez élevé : entre 900 et 1 100 mm.

 

 

L’aéroport international de Limoges, doté récemment d'une nouvelle aérogare, est situé sur le territoire même de la commune de Limoges, à quinze minutes de voiture du centre-ville et des zones d'activités économiques. Il est géré par la chambre de commerce et d'industrie de Limoges. Le trafic, dopé par les compagnies low cost, telles FlyBe et Ryanair, a atteint les 391 000 passagers en 2007 et devrait dépasser les 400 000 passagers en 2009 avec l'ouverture prévue de lignes nouvelles[7].

 

Il propose des vols quotidiens vers les grandes villes françaises (Paris-Orly, Lyon) et Nice en saison estivale, la Corse en saison (Figari). Il faut signaler une importante desserte du Royaume-Uni (vols quotidiens vers Londres et de une à plusieurs fois par semaine vers Liverpool, Southampton, Nottingham et Newcastle...). L’aéroport de Limoges-Bellegarde propose également un programme saisonnier de vols charters vers de nombreuses destinations touristiques d’Europe, d’Afrique du Nord ou des DOM-TOM.

 

Voies ferroviaires

 

Limoges : gare des Bénédictins

Limoges est desservie par deux gares SNCF, la gare des Bénédictins et la gare de Limoges-Montjovis.

 

La gare des Bénédictins, placée sur l’axe Paris-Toulouse, est la plus fréquentée mais perd de l’importance depuis la réduction des dessertes Paris-Toulouse via Limoges, au profit de Bordeaux.

 

Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin est revenu sur son engagement de créer la liaison Paris-Orléans-Limoges-Toulouse POLT par TGV pendulaire. Cette décision avait provoqué la colère de certains élus. Un nouveau projet, la ligne à grande vitesse entre Poitiers et Limoges, a été présenté en 2006 et s’est concrétisé à l’automne 2006 avec la tenue du débat public, et le 9 décembre 2007 avec le lancement de la liaison TGV Lille-Brive, qui bien que se faisant en vitesse classique entre Paris et le Limousin, entretient l'idée d'une ligne à grande vitesse d'ici à 2016. La ville de Limoges a souhaité participer pleinement de manière financière aux études sur le projet, en débloquant 100 000 € dans le cadre du Plan Pluriannuel d'Investissement 2009[8], pour les réflexions sur l'intégration du TGV en zone urbaine, et 125 000 € de simple participation aux études globales sur la future ligne.

 

Il faut environ trois heures pour rejoindre Paris. Les relations avec un certain nombre de capitales régionales sont loin d'être performantes : 3h30 pour aller à Toulouse, 2h30 pour Bordeaux, près de 4h pour Clermont-Ferrand, environ 5h pour rejoindre Lyon... Sur le plan Est-Ouest, la desserte par la Ligne Lyon - Bordeaux avec son unique aller/retour par jour reste très modeste. Le projet Transline qui consiste à créer une liaison ferroviaire Voyageur/Fret performante entre le sillon rhodanien et la façade atlantique pourrait nettement changer la donne.

 

La gare Montjovis est placée sur l’axe Limoges-Angoulême, mais son trafic est faible , les voyageurs préférant, le plus souvent, la gare des Bénédictins, plus pratique.

 

Voies routières

 

L'autoroute A20 franchissant la Vienne. Au fond, le viaduc ferroviaire du Puy-Imbert

Limoges est située sur l’autoroute A20, « l'Occitane », dont le tracé sur la commune est long de 13,5 km, et qui relie Vierzon à Montauban. Elle permet d’inclure Limoges dans un grand axe autoroutier européen qui va des Pays-Bas à l’Espagne, via Paris et Toulouse.

 

La ville est aussi à un carrefour d’où partent plusieurs routes nationales : la N147 relie Limoges à Poitiers, Tours, Châtellerault, Saumur et Angers ; la N21 relie Limoges à Périgueux et Agen ; la N141 la relie à Angoulême, Saintes à l’ouest, et Aubusson, Clermont-Ferrand à l’est.

 

Limoges est située entre deux carrefours importants : au Nord, la jonction entre la RN 145 (Route Centre-Europe-Atlantique : Suisse - Montluçon - Guéret, Poitiers et grand Ouest) et l’A20 (carrefour de La Croisière, près de La Souterraine) ; au Sud, entre l’A89 (Lyon - Bordeaux) et l’A20 à la hauteur de Brive-la-Gaillarde.

 

À l'intérieur de Limoges, plusieurs « voies pénétrantes » prolongent les routes rayonnant de Limoges jusqu'au cœur de la ville : rue François-Perrin pour la route de Périgueux, rue Armand-Dutreix pour la route d'Angoulême, avenue du Général-Leclerc et rue François-Chénieux pour la route de Paris, etc. Un boulevard périphérique, commencé dès les années 1970, vient d'être achevé par la liaison dite de liaison sud, entre le Clos-Moreau et l'autoroute A20 par le nouveau pont sur la Vienne.

 

En centre ville, les automobilistes disposent de plusieurs parkings souterrains payants (place de la République, place Franklin-Roosevelt, le Maupas, place d'Aine, place de la Motte) auxquels s'ajoute le vaste parking en plein air, également payant, de la place Winston-Churchill.

 

Voies fluviales

 

Limoges est traversée par la Vienne, rivière se jetant dans la Loire à Candes-Saint-Martin, et par deux de ses affluents : l'Aurence et l'Auzette. Ces cours d'eau ne sont commercialement pas navigables.

 

Transports en commun

 

Articles détaillés : Transports à Limoges et STCL.

Les lignes du réseau

Le logo de TCL

Limoges fait partie des quatre villes françaises (avec Lyon, Nancy et Saint-Étienne) à posséder encore dans les années 2000 un réseau de trolleybus, qu’elle continue à développer.

 

De nouveaux trolleybus Irisbus Cristalis ont été mis en place en mai 2006 sur la ligne no 1 et en janvier 2007 sur la ligne no 4. Le conseil communautaire de la communauté d'agglomération a ensuite voté en juin 2008 un nouveau programme de renouvellement (2009-2011) prévoyant la livraison de 44 nouveaux véhicules[9].

 

Les transports sont gratuits pour les personnes de plus de 70 ans en dehors des heures de pointe.

 

Les lignes de transport en commun régulières, numérotées de 1 à 41 (dont les cinq lignes de trolleybus), desservent les communes de Limoges, Condat-sur-Vienne, Feytiat, Isle, Le Palais-sur-Vienne, Panazol, Boisseuil, Rilhac-Rancon et Saint-Just-le-Martel et sont exploitées par la STCL[10] (Société des Transports en Commun de Limoges, souvent appelée TCL). À cela viennent s’ajouter deux lignes de nuit et cinq lignes circulant les dimanches et jours fériés.

 

Trolleybus Cristalis

Depuis le 4 septembre 2006, les dix-sept communes de la communauté d’agglomération sont reliées au réseau des bus de Limoges (TCL), contre six communes auparavant. Les huit communes de la Communauté qui ne sont pas desservies par les lignes régulières le sont par les bus dits « Télobus », transport à la demande.

 

Le développement et l'utilisation du réseau des transports en commun de Limoges reste inférieur à celui de la globalité des autres agglomérations de même taille. Ainsi, la fréquentation est sensiblement inférieure à celle observée dans les autres villes. Avec 13 millions de voyageurs par an en 2007 et 35 000 voyageurs par jour[11], Limoges se place loin derrière Tours et Caen (71 000 passagers par jour), Besançon (66 000 passagers), Aix-en-Provence (52 000 passagers), et se situe presque au même niveau que La Rochelle (31 000 passagers), pourtant peuplée de seulement 77 000 habitants[11].

 

Cette observation s'explique vraisemblablement par une place moindre accordée aux voies réservées aux bus, à une faible amplitude d'horaires (les bus roulent entre 6h et 20h30, et il n'existe que deux lignes de nuit). De plus, le temps d'attente entre deux véhicules reste souvent long, en général entre 10 et 15 minutes pour la majorité des lignes. L'échec des parcs-relais[11] installés par la Communauté d'agglomération, mais très faiblement utilisés[11], puisque le nombre de véhicules stationnant sur ces parkings excède rarement la dizaine, souligne encore un problème d'efficacité.

 

Lors des élections municipales de 2008, la liste MoDem de Jean-Jacques Bélézy proposa un retour dans la capitale limousine du tramway. Mais la réélection d'Alain Rodet qui s'était opposé à ce projet semble reporter l'idée d'un retour de ce mode de transport, supprimé à Limoges en 1951 à plusieurs années.

 

Pistes cyclables

 

Les rues piétonnes de Limoges, peu nombreuses, sont situées en son centre : rue du Clocher, rue du Temple, rue du Consulat, rue de la Boucherie, rue Ferrerie. Ce sont pour la plupart des rues commerçantes.

 

Quelques itinéraires cyclables ont été tracés dans toute la commune, mais la topographie difficile de la ville et certains tracés[Note 3] limitent leur utilisation.

 

Selon diverses sources, la municipalité devait lancer, dès 2008, dans le cadre de son agenda 21, un système de location de vélos, à l'image du Vélib' parisien[12]. Cependant, la topographie et l'aspect des rues de la ville rend plus que compromise la mise en place d'un tel système, la municipalité préférant privilégier le développement des voies pour les transports en commun. Ainsi, la mesure n'a pas fait partie des propositions électorales en 2008, et la ville de Limoges n'a depuis jamais évoqué l'idée.

 

Morphologie urbaine

 

Initialement limitée à la rive droite de la Vienne, la ville s'est construite autour de deux centres à l'origine séparés d'une zone non-bâtie : le Château, qui relevait de la puissance féodale et la Cité, qui relevait de l'évêque. Entre et autour de ces deux centres, la ville s'est étalée, dépassant aux XIXe et XXe siècles les remparts médiévaux, dont le tracé est repris par les boulevards.

 

Le quartier du Château, rassemble les rues commerçantes, les halles, l'Opéra-théâtre ainsi que d'importants bâtiments administratifs tels que la préfecture ou le conseil général. Il est entouré par les principaux carrefours de la ville, la place Denis Dussoubs, le carrefour Tourny, la place Léon Betoulle, la place des Carmes et l'ancien champ de foire (actuelle place Winston Churchill), d'où partent les principales artères. Ce quartier est doté d'une architecture diversifiée : les immeubles de construction récente en béton banché y côtoient les constructions traditionnelles en granite, les maisons médiévales à colombages du quartier de la Boucherie et les immeubles Art déco du Verdurier, édifiés dans le cadre d'une politique visant à débarrasser Limoges de son image de cité sale aux rues étroites et aux immeubles mal bâtis[13] véhiculée depuis le XVIIe siècle. Les effets de cette réhabilitation urbaine sont particulièrement visibles autour de l'actuelle place de la République, place Manigne ou rue Jean Jaurès.

 

Le quartier de La Cité, dominant la Vienne est dominé par la cathédrale, à partir de laquelle rayonnent d'étroites rues ayant préservé leurs maisons à colombages telles la rue des Allois et la rue Porte-Panet et leur caractère médiéval. Le musée et les vastes jardins de l'Évêché s'étendent sur la partie sud de la Cité. Le seul élément architectural récent d'importance notable est le bâtiment du conseil régional. Bâti entre 1986 et 1988 par Christian Langlois, il est situé en limite de quartier, sur le boulevard de la Corderie.

 

Le pavage de certaines rues et cours d'immeubles de Limoges présente la particularité toute locale d'être réalisé en gazettes, morceaux de moule de cuisson des assiettes en porcelaine.

 

La place de la République, symbole de la rénovation urbaine des années 1960

Maisons à colombages dans les quartiers de bord de Vienne

L'incendie de 1864 à l'origine de reconstruction d'une zone insalubre située entre la place d'Aine et la place de la Motte

Logement

 

Différentes zones bâties se sont succédé autour du centre-ville : la première, hétéroclite, délimitée par les boulevards extérieurs, comprend au nord des quartiers ouvriers : on y trouve majoritairement de petites maisons individuelles aux façades caractéristiques du début du XXe siècle (dits « pavillons Loucheur »), dans les quartiers Montplaisir, les Ruchoux, Grand Treuil, la Brégère.

 

Le quartier « aisé » des Émailleurs, bâti autour du square du même nom, occupe le sud-ouest de cette grande zone. Il est bordé à l'est par le quartier de la Mairie, occupé par de nouveaux bâtiments tels la faculté de Droit, la BFM, et d'autres plus anciens, comme la Cité administrative.

 

L'urbanisme du XXe siècle est marqué par les cités ouvrières, mouvement entrepris à l'image de bon nombre de villes à l'époque, à l'initiative de la municipalité, qui succède à la construction de plusieurs immeubles modernes comprenant l'eau courante et des sanitaires individuels (comme l'immeuble dit de l'Étoile, bâti en 1910 rue Monthyon[14]) et qui tente de faire face aux conditions de vie déplorables dans les logements de l'entre-deux-guerres. La plus ancienne est celle de Beaublanc, construite entre 1920 et 1924, bâtie sur deux hectares et s'inspirant des réalisations britanniques. Elle comprend vingt-huit immeubles de deux étages équipés de l'eau, de l'électricité et du gaz[13]. Celle des Coutures, à proximité de la gare des Bénédictins et construite en même temps qu'elle, a été bâtie pour loger les cheminots. Chronologiquement, les premières sont conçues comme des cités-jardins aux maisons semblables, urbanisme typique du début du siècle (Beaublanc, Albert-Thomas) ; d'autres sont des groupes d'immeubles entourant des cours plus ou moins fermées (Victor-Thuillat, et donc les Coutures), les dernières sont des barres d'immeubles (Rodolphe-Maon). Ainsi, de 1924 à 1956, 1 800 logements sont livrés[13].

 

Les cités du Vigenal

Au-delà des boulevards extérieurs, ainsi que sur la rive gauche, s'étalent lotissements pavillonnaires récents, barres et tours séparés par de vastes espaces verts (Val de l'Aurence, Auzette, bois de la Bastide), et plus loin encore les zones industrielles. Limoges voit ainsi dans les années 1950-1960 se modifier considérablement son urbanisme, alors que l'industrie tient une place encore très importante dans la vie économique de la capitale régionale. Ces quartiers rassemblent une majeure partie de la population au sein des ZUP (Aurence), ainsi que plusieurs grands bâtiments comme le CHRU de Limoges et l'hôpital du Cluzeau[15]. Le gigantesque quartier extérieur de Beaubreuil, véritable ville en dehors de la ville, rassemble pavillons et HLM autour de quelques structures administratives, culturelles et sportives, et de grands centres commerciaux : le centre culturel municipal Jean-Moulin, la bibliothèque de Beaubreuil, ... Il fait suite à la ZUP de la Bastide, sortie de terre en 1959. D'autres bâtiments et ensembles, même dans le centre, datent de cette époque : le parc des sports de Beaublanc, le Grand Théâtre, la place de la République, etc.

 

Projets d'aménagement

 

Une des grandes réalisations de l'agglomération : la voie de liaison sud et le nouveau pont sur la Vienne

La ville a lancé depuis la fin du XXe siècle divers projets de travaux et de construction, portant notamment sur l'action culturelle et les loisirs, avec en particulier la restructuration et l’extension du conservatoire à rayonnement régional (anciennement CNR) et l’ouverture d'un troisième complexe cinématographique à l'extérieur de la ville. L’ouverture du Zénith de Limoges au printemps 2007, réalisé par l'architecte Bernard Tschumi, a doté la ville d'une nouvelle salle de spectacle dont la capacité est de 6 000 places.

 

La municipalité a également entrepris une vaste opération de réaménagement du quartier de la Cité, avec la rénovation des abords de la cathédrale : la place Saint-Étienne, autrefois parking anarchique, est réhabilitée selon une esthétique très minérale - et contestée[16] - chère aux aménageurs locaux (grande esplanade pavée sans végétation au milieu de laquelle est édifiée une fontaine aux formes géométriques, faite de plaques de granit à grains noirs et blancs). La transformation du musée de l'Évêché et le déplacement du musée de la Résistance et de la Déportation s'inscrivent aussi dans cette grande opération.

 

Le renouvellement du parc de trolleybus est détaillé ci-dessous. Citons aussi comme réalisations des années 2005 à 2008 la restructuration du réseau des crèches, la réfection de l’éclairage du parc des sports de Beaublanc, le réaménagement de diverses voies, dont la RD 2000 vers Aixe-sur-Vienne, l'aménagement de différents parcs relais aux alentours de Limoges, la réhabilitation de l’abattoir, ou bien encore le prolongement de la ligne 4 du trolley jusqu'à la nouvelle clinique Chénieux ouverte en 2008...[17].

 

Le logo de l'Agence de services et de paiement

La mise aux normes autoroutières prévue de l'échangeur dit de Grossereix sur l'A20, qui doit normalement restructurer totalement l'échangeur en supprimant entre autres l'accès à l'autoroute des usagers de la D914 reliant Limoges à Ambazac, est à la fin des années 2000, un vaste projet qui suscite des tensions locales persistantes[Note 4].

 

Enfin, certains projets restent toujours en phase d'étude : la mise en valeur du baptistère paléochrétien, la reconstitution d'une domus d'Augustoritum, et le réaménagement de la crypte de Saint Martial.[réf. nécessaire]

 

Prenant conscience de l'atout qu'est sa situation naturelle, la mairie lance dès 1965, sous l'impulsion de M. Gilbert Font, adjoint au maire, un projet d'espaces verts autour de la ville[15]. Le premier quartier écologique de France était envisagé dans l’ouest de la ville : il devait être composé de 121 logements dits HQE (Haute Qualité Environnementale)[Note 5]. Ce projet a été abandonné, en raison de la crise que connaît le secteur immobilier depuis 2008, à Limoges comme ailleurs[18].

 

Toponymie

 

Article détaillé : Limoges#Langue et culture régionales.

Le nom de Limoges provient de Civitas Lemovicum, la cité des Lémovices, devenu Lemovicas. Ce nom, préféré dès le IVe siècle[19] à celui d'Augustoritum (le « gué d'Auguste »), imposé par les Romains à la fin du Ier siècle av. J.-C., vient donc de celui de la tribu gauloise des Lémovices, vivant sur le territoire limousin durant l’Antiquité. Il deviendra Lemòtges (forme classique) ou Limòtges (forme locale usuelle) en occitan et Limoges en français.

 

Ainsi, « Limoges » vient indirectement de lemo (« orme »), et vices (« qui vainquent »), et signifie donc « vainqueurs avec l'orme ». En effet, il apparaît probable que les guerriers lémovices avaient pour habitude de tailler leurs armes dans de l'orme.

 

La toponymie limougeaude reste très marquée par la langue d'oc. Ainsi nombre de quartiers ou de rues ont un nom occitan qui n’a jamais été francisé : rue du Rajat (participe passé du verbe rajar, jaillir), Puy Las Rodas, place de la Bareyrette (las bareretas délimitaient les enclos dans lesquels étaient parquées les bêtes dans le quartier de la Boucherie). Certains ont été francisés phonétiquement sans prendre garde à la signification du nom. C’est le cas de la rue Cruche d’or qui correspond en fait au mot cruchador (à prononcer [krytsaˈdur]) désignant un type de balance.

 

Histoire

 

Héraldique

 

Blason de Limoges

Blason de Limoges

De gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l’antique d’or, ombré de sable, entre deux lettres gothiques d’or S et M ; au chef d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or[20].

Origine du blason : dès le Moyen Âge la municipalité de Limoges adopta pour emblème l'effigie de Saint Martial, qui avait évangélisé le Limousin au IIIe siècle et avait fondé à Limoges une abbaye dont le rayonnement fut immense. Le chef de France fut attribué en 1421 par le dauphin Charles, le futur roi Charles VII, en hommage à la résistance des habitants, bourgeois et consuls de la ville contre les Anglais, pour accroître leur cœur à servir la couronne de France de mieux en mieux[21].

 

Blason région fr Limousin.svg Blason de la vicomté de Limoges

D’hermine à la bordure de gueules

Origine du blason : dévasté par les Normands au IXe siècle, le Limousin fut incorporé de bonne heure à l'Aquitaine. Aliénor d'Aquitaine l'apporta en dot en 1152 à son second mari, Henri Plantagenêt, comte d'Anjou (bordure rouge) et futur roi d'Angleterre. La vicomté de Limoges, maîtresse de la plus grande partie du Haut Limousin, resta cependant le plus souvent indépendante. Marie de Comborn, héritière des derniers vicomtes, épousa en 1275 l'héritier des ducs de Bretagne, le futur Arthur II. L'hermine de Bretagne brisée d'une bordure forma les armes de la vicomté[22].

 

Logo Limoges.jpg Logo actuel de Limoges

Le logo de la ville de Limoges représente une flamme, qui évoque les arts du feu et les techniques liées (porcelaine et émaux, céramique industrielle). Le bleu et le rouge rappellent les couleurs dominantes du blason traditionnel de la ville. La forme ronde du logo rappelle initialement l'histoire de la ville, au travers de la forme des deux entités circulaires originelles : la Cité et le Château. On a pu par la suite trouver d'autres symbolisations, comme la forme de l'assiette de porcelaine, la technopole ESTER ou encore le ballon de basket du Limoges CSP[23].

 

Historique

 

Article détaillé : Histoire de Limoges.

La ville historique a été fondée à la période romaine par la tribu des Lémovices, sous le nom d’Augustoritum, à la fin du Ier siècle avant notre ère. Le nom de la ville est la traduction du latin « gué d'Auguste ». La cité est placée au carrefour de deux grands axes économiques majeurs de l’époque : une branche de la Via Agrippa qui joignait Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum (Saintes), et la via Avaricum Tolosa entre Toulouse et Bourges. Augustoritum suivait le plan romain, c’est-à-dire des rues perpendiculaires et parallèles entre elles. Elle possédait un théâtre, des thermes, et un amphithéâtre, dont l’emplacement actuel est celui du jardin d’Orsay.

 

Article détaillé : Augustoritum.

Saint Éloi dans son atelier d'orfèvre, par Petrus Christus, 1449, huile sur toile, 98 x 85 cm, New York, Metropolitan Museum of Art.

Saint Martial évangélise la région à la fin du IIIe siècle.

 

La ville subit au IVe siècle les invasions barbares et la population quitte progressivement la ville antique ; une partie trouve refuge dans la Cité fortifiée.

 

Au début du VIIe siècle, les Francs s’emparent de la ville. C’est l’époque du futur célèbre saint Éloi, originaire de Chaptelat.

 

En 848, les gardiens du tombeau de saint Martial prennent l'habit monastique. Ainsi naît, à côté de la Cité, le monastère de Saint-Martial dont le rayonnement suscitera une nouvelle agglomération, le castellum Sanctis-Martialis, le Château.

 

Au Xe siècle, saint Martial devient le protecteur de la ville suite au miracle du mal des ardents (maladie causée par la consommation de pain de seigle ergoté) : l’exposition de ses reliques a permis la guérison des malades accourus dans la ville. Depuis, tous les sept ans, ont lieu à Limoges et en Limousin les ostensions : on ressort les reliques des saints pour une procession en mémoire de cet épisode de l’histoire régionale.

 

La ville double

 

Ce plan réalisé par Cornuau en 1765 montre que la ville est toujours divisée en 2 entités : en haut, la Cité, en bas le Château (ici la ville).

Coquille en métal présente dans les rues de Limoges, et symbolisant le chemin de pèlerinage

Au Moyen Âge, Augustoritum, devenue Limoges, est une ville prospère, bien que divisée en deux : la Cité, siège religieux où est située la cathédrale Saint-Étienne, et le Château, autour du monastère Saint-Martial. L'action d'un moine lettré de cette abbaye, Adémar de Chabannes, conduit à la proclamation de l'apostolicité de saint Martial; rangé ainsi au rang des apôtres, le saint protecteur draine un courant de pèlerinage fructueux pour le monastère et la ville. Dénoncée dès le XVIIe siècle, cette apostolicité est définitivement abandonnée au début du XXe siècle[24].

 

La ville prend également de l’importance grâce à sa situation sur la Via Lemovicensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Au XIIe siècle, le vicomte Adémar fait incendier la Cité mais est condamné à la reconstruction. À la mort du roi de France Louis VI, son fils reprend le pouvoir mais perd la province du Limousin en répudiant sa femme. Celle-ci se remarie avec le roi d’Angleterre Henri Plantagenêt. Cette situation entraîne donc une suite de conflits qui culminent avec la guerre de Cent Ans.

 

En 1370, la Cité, vassale du roi d'Angleterre, ouvre ses portes aux troupes du roi de France ; le Château voisin reste fidèle au roi anglais. Le Prince Noir, quoique malade, accourt à la tête de son armée, met le siège devant la Cité et fait creuser une mine sous les remparts. La brèche faite, le massacre est grand mais bien moins que ne l'affirme Froissart dans ses chroniques. La Cité ne se relèvera jamais vraiment de ce drame.

 

Carte de la vicomté de Limoges

La ville sainte

 

Limoges est assez peu affectée par la Réforme : on ne remarque que peu de conversions au protestantisme, une activité missionnaire assez faible, des troubles limités lors des guerres de Religion.

 

En revanche, au XVIIe siècle, la Contre-Réforme eut une grande importance dans la ville : six compagnies de pénitents sont créées (noirs, rouges ou pourpres, et blancs, qui ont laissé leurs noms à des rues de la ville, mais aussi gris, bleus et « feuille-morte », d'après la couleur de leur tenue). De nombreux couvents sont fondés (Visitation, ursulines, etc.), d'autres réformés (bénédictins, Saint-Martin des feuillants, etc.). Le collège des Jésuites, enfin, oriente la formation des élites limougeaudes. À ce tableau s'ajoutent l'importance des ostensions et de processions à grand spectacle (procession de l'octave de la fête du Saint-Sacrement, en particulier). Limoges y gagne le surnom de « ville sainte »[24].

 

L’intendant Turgot

Au XVIIIe siècle, l’intendant Turgot améliore considérablement le réseau routier limousin, relance l’économie limougeaude, favorise la création et le développement d’industries textiles, du cuir... Mais le véritable tournant est celui de 1765 : un gisement de kaolin est découvert à Saint-Yrieix-la-Perche, à 40 km au sud de Limoges. L’industrie de la porcelaine est lancée.

 

La Révolution est peu marquée à Limoges. Un bref épisode de la Grande Peur y est signalé. La déchristianisation connaît comme partout les confiscations des biens du clergé et les fermetures d'églises. Un prêtre, l'abbé Chabrol, est tué dans une émeute plus ou moins spontanée, et quelques prêtres sont guillotinés. En 1792, la Cité et le Château sont enfin réunis, formant une commune unique[25].

 

La ville rouge

 

Limoges doit son surnom de ville rouge aux mouvements ouvriers de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Pauline Roland surnomma même la ville la « Rome du Socialisme »[26]. Ainsi, en 1848, des émeutes très graves marquent les élections législatives[26]; en 1851, Limoges tente de s'opposer au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, avant de connaître, en 1871, un très éphémère, mais tragique, épisode de Commune. La CGT est créée à Limoges en 1895[27]. Enfin et surtout, en avril 1905, une protestation, contre les pouvoirs des contremaîtres jugés exorbitants, dans le milieu ouvrier de la porcelaine (usine Théodore Haviland, notamment) et de la chapellerie (usine Beaulieu) tourne à l'émeute, causant un mort, Camille Vardelle[28],[29].

 

Cette photographie datant du 1er juillet 1940, prise Place Jourdan, montre une automobile de la propagande allemande entourées de Limougeauds venus aux nouvelles

Durant toute cette période, les milieux ouvriers limougeauds se détachent progressivement de la pratique religieuse pendant que l'importance d'une franc-maçonnerie dynamique et militante s'accroît. Le mouvement coopératif et mutualiste prend une grande ampleur. En témoigne la construction en 1911 du bâtiment Ciné-Union par la coopérative « l'Union de Limoges », qui sert autant de salle de réunion que de spectacle[13]. Il est désormais un bâtiment du Centre dramatique national. Aux élections, la municipalité passe à droite en 1906, puis de nouveau en 1908 avant de basculer à gauche en 1912 pour s'y maintenir durablement. Léon Betoulle est élu maire en mai 1912, battant Louis Goujaud, lors d'une séance homérique. Il est réélu en 1919, 1925, 1929, 1935, et redeviendra maire après la Libération, en 1947.

 

Les événements de 1905 avaient été marqués par une forte hostilité entre les manifestants et l'armée, chargée du maintien de l'ordre. Depuis cette date, l'État-major avait une mauvaise opinion de la mentalité limougeaude. C'est peut-être pour cette raison, entre autres, que, lors des revers français d'août 1914, Joffre, alors encore général, assignait à résidence à Limoges, des officiers qu’il avait relevés de leur commandement. De cet épisode est né le terme de limogeage.

 

Le secteur industriel est à son apogée entre 1850 et les années 1930. En témoigne la création des grandes usines porcelainières Haviland, en 1892, dans le quartier du Mas-Loubier et dès 1852 sur le site de l'actuel Centre commercial Saint-Martial. La première de ces usines devient rapidement la plus grande usine de la ville en faisant marcher 17 fours et 800 ouvriers en 1907. Parallèlement à ces structures imposantes, la micro-industrie porcelainière perdure, avec des entreprises telles l'usine Labesse, qui emploie 90 personnes de 1873 à 1938[30].

 

La ville fait partie de la zone dite libre avant 1942. Le 21 août 1944, une semaine après Brive, Limoges est libérée par les résistants FTP, sous le commandement de Georges Guingouin, célèbre maquisard limousin surnommé « Lo Grand » (le grand).

 

Politique et administration

 

Tendances politiques et résultats

 

L’hôtel de ville

La ville de Limoges, comme l’ensemble de la Haute-Vienne, est traditionnellement de gauche (socialiste). C’est à Limoges que fut fondée la CGT (Confédération générale du travail) lors de son Congrès constitutif du 23 septembre 1895 au 28 septembre 1895. La mairie est à gauche depuis bientôt un siècle. Le dernier maire non socialiste ou non communiste fut, exceptée la parenthèse du régime de Vichy, après François Chénieux, maire jusqu'en 1910, Émile Dantony (négociant) de 1910 à 1912. L’actuelle mairie est dirigée par le député PS Alain Rodet depuis dix-huit ans. Il est réélu dès le premier tour en mars 2008 avec 56 % des voix : ce sont surtout les quartiers populaires qui l'ont plébiscité (ZUP de l'Aurence, ZAC de Beaubreuil, cités de la Bastide et des Portes-Ferrées, quartier du Vigenal). Ainsi, la liste du maire sortant a obtenu 76,9 % des voix dans le bureau de l'école de la Bastide, 72,9 % dans le premier bureau de l'école René Blanchot ou 66,7 % dans le second bureau de l'école du Vigenal[31].

 

Limoges est aussi le siège central du syndicat étudiant Fédération syndicale étudiante.

 

Il faut aussi souligner l'importance qu'a eu la franc-maçonnerie à Limoges et, plus largement, en Haute-Vienne, tout au long du XXe siècle, et qu'elle continue à avoir de façon notable. La première loge maçonnique, l'Anglaise, fut ainsi installée en 1751, et d'autres se créèrent durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les premiers franc-maçons étaient davantage des bourgeois (avocats, médecins), rejoints par plusieurs ecclésiastiques. L'organisation prend son essor au long du XIXe siècle, notamment avec la révolution de 1848, à laquelle les franc-maçons prennent une part importante à Limoges, ainsi qu'avec l'arrivée de personnalités influentes, comme Jules Claretie et Ernest Ruben. Les francs-maçons furent également nombreux à s'engager dans la politique locale sous le Second Empire puis la IIIe République, ainsi que dans les milieux économiques, et notamment l'industrie porcelainière[32].

 

En 2002, il existe ainsi une trentaine de loges à Limoges, réunissant probablement 1 400 à 2 000 personnes[32].

 

En 2006, 867 dossiers ont été traités dans les six séances du conseil municipal, soit une moyenne de 144 dossiers par séance. 28 réunions se sont tenues pour les dix comités de quartier, soit moins de trois réunions par an et par comité[33].

 

Administration municipale

 

Le conseil municipal en 2001

Le conseil municipal en 2008

Intercommunalité et division administratives

 

Carte des communes de Limoges Métropole

Limoges faisait partie avant 2002 de la communauté de communes (ou SIVOM) de l'agglomération de Limoges. Cette structure a été remplacée en novembre 2002 par la Communauté d'agglomération Limoges Métropole, qui regroupe dix-sept communes de l'unité urbaine. De plus, la ville fait partie, en tant que commune de Limoges Métropole, du Pays de Limoges (loi Voynet).

 

La commune de Limoges est une des plus vastes du département : elle s'étend sur 77,45 km2 ; par comparaison la commune de Paris a une superficie de 105 km2. En 1962, elle a fusionné avec celle de Beaune-les-Mines, formant la commune de Limoges actuelle. Beaune-les-Mines a cependant gardé, de par son éloignement du centre-ville, son aspect de village indépendant. La commune de Limoges est ainsi formée de la ville-centre et de plusieurs quartiers excentrés nommés ici « écarts ». Limoges est divisée en seize cantons.

 

Article détaillé : Cantons de Limoges.

Liste des maires

 

Articles détaillés : Liste des maires de Limoges et Mairie de Limoges.

Période Identité Parti Qualité

Liste des maires successifs depuis 1912

1912 1941 Léon Betoulle SFIO Employé de bureau

1941 1944 André Faure

1944 1945 Henri Chadourne PCF Médecin

1945 1947 Georges Guingouin PCF Instituteur

1947 1956 Léon Betoulle PSD Employé de bureau

1956 1990 Louis Longequeue PS Pharmacien

1990 en cours Alain Rodet PS Économiste

Instances judiciaires et administratives

 

En tant que chef-lieu de région, Limoges dispose d'un ensemble judiciaire important : tribunal de grande instance, cour d'assises, conseil des prud'hommes, cour d'appel.

 

La prison départementale, construite en 1856 place Winston-Churchill, offre l'avantage d'être située en centre ville, proche du tribunal ; les familles peuvent aisément venir visiter leurs détenus et les transferts de prisonniers sont facilités. Par contre la prison est qualifiée de vétuste et reste surpeuplée. En 2009, le gouvernement annonce prévoir la création d'une nouvelle prison d'ici à 2014, avec une capacité d'accueil de 700 détenus[34].

 

Le départ de l'armée de la ville en 2011 laisse envisager l'installation de la nouvelle structure sur l'ancien terrain militaire du Mas de l'âge, à Couzeix[35].

 

Politique environnementale

 

La rivière anglaise du parc Victor Thuillat

Limoges est ville fleurie Ville fleurie.svgVille fleurie.svgVille fleurie.svgVille fleurie.svg par le Conseil national des villes et villages Fleuris de France[36], « Lauréat européen » en 2001 et « Prix national » en 2002.

 

Limoges bénéficie en effet d’une situation privilégiée, de par la proximité de la campagne environnante. De plus, de nombreux parcs agrémentent la ville. Certains ont une histoire déjà importante :

 

le jardin d’Orsay (1,8 ha) est le plus ancien, puisqu'il a été créé par l'intendant Boucher d'Orsay au XVIIIe siècle. Il est situé à l’ouest du vieux centre-ville, entre le palais de justice et la place des Carmes. On y trouve un des monuments aux morts municipaux. Les vestiges de l’antique amphithéâtre romain de la cité d’Augustoritum sont enfouis sous le parc ;

le jardin de l'Évêché (5 ha au total) est, comme son nom l'indique, l'ancien jardin d'agrément du palais épiscopal construit à partir de 1777, devenu jardin public. Il regroupe près du musée du même nom, sur environ quatre hectares, un jardin botanique, un jardin à la française et un parc de jeux ;

le Champ de Juillet (4 ha) a été créé au XIXe siècle pour servir de terrain de manœuvre ; son nom est une confusion entre champ de Mars et la monarchie de Juillet. Il est situé au pied de la gare des Bénédictins et orné de nombreuses statues. Ce vaste espace accueillait autrefois la Foire-Exposition et qui est désormais le lieu de tenue de la grande fête foraine d’hiver, laquelle se tenait alors dans le jardin d’Orsay ;

le parc Victor Thuillat (3,7 ha) porte le nom d'un conseiller municipal de Limoges. C'est l'ancien jardin d'agrément du petit manoir de la Grange-Garat, devenu jardin public dans les années 1960. Situé dans un quartier ouvrier, au nord-ouest du centre-ville, il est très apprécié de la population voisine grâce à sa rivière anglaise et ses parterres fleuris.

D'autres jardins publics sont récents et marquent l'expansion de la ville dans la seconde moitié du XXe siècle.

 

le parc de l’Aurence, véritable poumon vert occidental de la ville, s'étalant sur près de 40 ha entre Couzeix et Limoges, bordant les cités de la ZUP de l’Aurence et les quartiers résidentiels de Corgnac, Beaublanc et Le Vigenal. Le parc est établi dans la vallée de l’Aurence ;

le parc de l’Auzette (16 ha sur Limoges), partant des communes de Panazol et Feytiat. C’est la « coulée verte » limougeaude, trait d’union entre la campagne limousine et le vieux quartier historique des Ponts ;

les bords de Vienne, bien aménagés ces dernières années, constituent deux bandes de verdure agrémentées de jeux et de structures sportives de Panazol à Condat-sur-Vienne sur la rive gauche et de l'autoroute à la nouvelle voie dite de liaison sud sur la rive droite ;

la roseraie du Mas-Jambost, route de Saint-Junien, qui abrite plusieurs centaines de rosiers de 200 variétés différentes[37];

le bois de la Bastide (plus de 90 ha), entre la zone industrielle Nord et Beaubreuil, est le lieu de promenade privilégié des sportifs (parcours de santé). C'est une partie de l'ancienne forêt entourant le château de la Bastide. Il est situé non loin du lac d’Uzurat, voulu par l’ancien maire Louis Longequeue, où se trouve aussi le camping municipal.

Jumelages

 

La ville de Limoges est jumelée avec plusieurs villes :

 

Drapeau de la Biélorussie Hrodna (Biélorussie) depuis 1982

République tchèque Plzeň (République tchèque) depuis 1987

Drapeau de l'Allemagne Fürth (Allemagne) depuis 1992

Drapeau des États-Unis Charlotte (Caroline du Nord) (États-Unis) depuis 1992

Japon Seto (Japon) depuis 2003

Ces jumelages s'entretiennent par divers échanges, notamment scolaires, avec Charlotte, Fürth et Hrdona, et par différentes manifestations, comme le Concert des Cités Unies, qui réunit chaque été des musiciens issus de ces différentes villes.

 

La ville de Limoges participe en outre à l’aide au développement du département de Pabré, au Burkina Faso.

 

Blank map of world no country borders.PNG

Hrodna (Biélorussie)Plzeň (République tchèque)Fürth (Allemagne)Charlotte (États-Unis)Seto (Japon)Département de Pabré (Burkina Faso)

Population et société

 

Démographie

 

Évolution démographique179318001806182118311836184118461851

20 864 20 255 21 757 24 992 27 070 29 706 29 870 38 119 41 630

185618611866187218761881188618911896

46 564 51 053 53 022 55 134 59 011 63 765 68 477 72 697 77 703

190119061911192119261931193619461954

84 121 88 597 92 181 90 187 98 209 92 577 95 217 107 857 105 990

1962196819751982199019992006 - -

118 576 132 935 143 725 140 400 133 464 133 968 136 539 - -

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

 

 

 

Évolution démographique de 1793 à 2006

La commune-centre

 

En constante augmentation depuis la fin du XVIIIe siècle, grâce à la révolution industrielle et à l’essor des manufactures (porcelaine, cuir...), la population limougeaude connaît, dans les années 1970-1990, en même temps que le déclin des industries, une baisse significative, qui est en partie due à l’enclavement et à l’isolement de la région. À partir des années 1990, l’arrivée d’infrastructures routières (autoroute A20) et ferroviaires (amélioration de la ligne Paris-Toulouse), et l’installation d’entreprises de techniques de pointe, de services modernes, et d'établissements d'importance nationale, telles que le CNASEA, la technopole en 1992, permettent un nouvel essor de la population.

 

Cependant, les paramètres cités ci-dessus avantagent plus les communes de la périphérie, notamment Panazol et Couzeix, deux villes dortoirs, dont certaines ont vu leur population tripler, voire quadrupler, en quelques décennies.

 

La population de Limoges est vieillissante (moins d'enfants que la moyenne nationale et plus de personnes âgées). La tranche d'âge autour de vingt ans apparaît forte en raison de la présence d'une université qui draine les étudiants de toute la région.

 

Le rayonnement de Limoges sur la quasi-totalité de la région Limousin est en partie du à son poids démographique important, puisque l'agglomération de Limoges, avec près de 190 000 habitants, concentre environ 25 % de la population régionale. Si c'est inférieur à ce qu'on observe pour la plupart des grandes agglomérations françaises, comme Paris, Marseille ou Toulouse, c'est une proportion supérieure à nombre d'autres capitales régionales sensiblement de la même importance économique, comme Poitiers (7 %), Caen (14 %) ou Clermont-Ferrand (21 %).

 

L’agglomération

 

Limoges est au cœur d'une agglomération dont la population totale s'élève à plus de 173 000 habitants (chiffres 1999). La ville fait en outre partie de la communauté d'agglomération Limoges Métropole depuis sa création en 2002, avec seize autres communes, et du Pays de Limoges (loi Voynet), avec vingt-quatre autres communes. L'aire urbaine de Limoges est peuplée de 247 944 habitants.

 

On peut différencier deux types de « couronnes » :

 

La 1re couronne, ou proche banlieue, peuplée de 176 500 habitants en 2005, regroupe six communes : Limoges, Panazol, Feytiat, Isle, Couzeix, Le Palais-sur-Vienne. Elle forme une unité urbaine sans véritable rupture entre Limoges et les autres communes. Certaines de ces communes forment ainsi des sortes de faubourgs de Limoges.

Les parties urbanisées de Condat-sur-Vienne, pourtant commune limitrophe de celle de Limoges, sont encore séparées de cette dernière par des zones agricoles en voie de réduction progressive.

 

La 2e couronne, regroupant Rilhac-Rancon, Saint-Just-le-Martel, Bosmie-l'Aiguille, Verneuil-sur-Vienne, Boisseuil, Condat-sur-Vienne. C'est la banlieue « élargie » de Limoges, c'est-à-dire les communes dont la démographie est en forte hausse. On y trace de grands ensembles pavillonnaires sur des terrains souvent autrefois boisés ou dévolus à l'agriculture.

On peut y ajouter une sorte de grande couronne qui serait peuplée de plus de 200 000 habitants et regrouperait ainsi une vingtaine de communes : Limoges, Panazol, Feytiat, Condat-sur-Vienne, Isle, Couzeix, Le Palais-sur-Vienne, Rilhac-Rancon, Saint-Just-le-Martel, Bosmie-l'Aiguille, Verneuil-sur-Vienne, Boisseuil, Chaptelat, Bonnac-la-Côte, Aixe-sur-Vienne, Solignac, Le Vigen, Eyjeaux, et même Veyrac ou Nieul. Cette unité rassemble les communes de la communauté d'agglomération Limoges Métropole, d'autres communes proches, ainsi que celles dont la population augmente depuis le recensement de 1999, subissant le phénomène récent de la rurbanisation.

 

Enseignement

 

Plan des écoles, collèges, lycées et sites de l'enseignement supérieur de Limoges - cliquer pour agrandir

 

 

Limoges - Education.PNG

 

Liste des écoles publiques et privées de Limoges

Écoles maternelles publiques

École du Mas-Neuf • École de la Bastide • École René Blanchot • École de Corgnac • École Descartes • École Jean Macé • École de la Brégère • École Léon Berland • École du Vigenal • École de l'Abbessaille • École Bellevue • École des Bénédictins • École Carnot • École Condorcet • École Édouard Herriot • École Jean le Bail • École Joliot-Curie • École Jules Ferry • École Marcel Madoumier • École Montjovis • École Montmailler • École Paroutaud • École du Roussillon • École Victor Chabot • École de Beaune-les-Mines • École Gérard Philipe • École du Grand Treuil • École Jean Montalat • École de Landouge • École Léon Blum • École des Homérides • École Marcel Proust • École du Pont-Neuf • École Raoul Dautry • École de Romanet • École de Saint-Lazare • École Victor Hugo

Écoles maternelles privées

École Beaupeyrat • École Jeanne d’Arc • École Sainte Valérie

Écoles élémentaires publiques

École du Mas-Neuf • École de la Bastide • École René Blanchot • École Descartes • École Jean Macé • École de la Brégère • École Léon Berland • École du Vigenal • École Édouard Herriot • École Jean le Bail • École Joliot-Curie • École Marcel Madoumier • École Montjovis • École Montmailler • École de Beaune-les-Mines • École Gérard Philipe • École du Grand Treuil • École Jean Montalat • École de Landouge • École Léon Blum • École des Homérides • École Marcel Proust • École du Pont-Neuf • École Raoul Dautry • École Victor Hugo • École Henri Aigueperse • École des Feuillants • École du Présidial • École Bellegarde • École Jean Zay • École de la Monnaie

Écoles élémentaires privées

École Beaupeyrat • École Jeanne d’Arc • École Sainte Valérie • École Sainte-Louise de Marillac

 

Liste des collèges et lycées publics et privés de Limoges

Collèges publics

Collège Anatole France

Collège Guy de Maupassant

Collège Léon Blum

Collège André Maurois

Collège Firmin Roz

Collège Auguste Renoir

Collège Bernart de Ventadour

Collège Albert Calmette

Collège Léonard Limosin

Collège Pierre de Ronsard

Collège Pierre Donzelot

Collèges privés

Collège Ozanam

Collège Jeanne d'Arc - Saint-Jean

Collège Beaupeyrat

Lycées publics d'enseignement général ou professionnel

Lycée Raoul Dautry

Lycée Gay-Lussac

Lycée Maryse Bastié

Lycée du Mas-Jambost

Lycée Léonard Limosin

Lycée Jean Monnet

Lycée Auguste Renoir

Lycée Marcel Pagnol

Lycée Turgot

Lycée Suzanne Valadon

Lycée Antoine de Saint-Exupéry

Lycées privés d'enseignement général ou professionnel

Lycée Saint-Jean, appartenant à l'ensemble scolaire Charles de Foucauld.

Lycée Beaupeyrat

 

Établissements scolaires

 

La ville administre 40 écoles maternelles et 46 écoles élémentaires communales. Le primaire regroupe 9 458 élèves[33]. Le coût est de 2 000 € par an et par élève.

 

Le projet d’une calandreta apparaît en 1992, avec la constitution d’une association. Avec le soutien du conseil régional, l’école maternelle ouvre en 1994, puis le cours préparatoire en 1998[38]. Elle assure l’ensemble des classes de la maternelle et du primaire.

 

À Limoges, le département gère 14 collèges et la région Limousin 13 lycées.

 

Vie universitaire

 

Article détaillé : Université de Limoges.

L'institut d'ingénierie informatique

Limoges est le siège d'une université depuis 1968. Auparavant, elle dépendait de celle de Poitiers. Elle accueille près de 20 000 étudiants.

 

Elle est le siège de l'École nationale supérieure d'ingénieurs de Limoges[39], de l’Institut d'ingénierie informatique de Limoges[40], de l’École nationale supérieure de céramique industrielle, et de l’École nationale supérieure d'art de Limoges-Aubusson[41], qui regroupe les écoles nationales d’art décoratif de Limoges et d’Aubusson. Cette école, également connue sous le nom d’école des Beaux-Arts ou école d’art décoratif, est indépendante de l’université ; elle est sous la tutelle du ministère de la Culture. Elle offre des cursus d’art et de design. L’école est spécialisée dans la céramique et la tapisserie. Les diplômes sont obtenus après cinq ans. Il n’existe que cinq écoles nationales supérieures d'art en France.

 

Limoges comprend également, au sein de son université, une faculté de droit avec de nombreuses formations, réputée notamment en droit de l'environnement, droit du sport, et droit notarial; une faculté de médecine et de pharmacie, une faculté des sciences, une faculté de lettres et sciences humaines; également, un institut universitaire de technologie de dix départements, un IAE depuis la rentrée 2007, un institut de préparation à l'administration générale, un institut universitaire spécialisé.

 

Limoges abrite une École nationale d'arts décoratifs avec des spécialisations sur les arts du feu, un institut universitaire de formation des maîtres, un centre national de formation aux métiers de l'eau, plusieurs classes préparatoires aux grandes écoles, dix-neuf formations en BTS. L'école de commerce de Limoges, « l'ES2C », connaît une réputation grandissante.

 

Manifestations culturelles et festivités

 

La frairie des petits ventres

De nombreuses foires, marchés ou brocantes animent la ville tout au long de l'année, telles les Puces de la Cité, brocante se déroulant tous les deuxièmes dimanches du mois dans le quartier de la Cité, le Marché de Noël de la place de la Motte, la Foire des Saints Innocents, le dernier week-end de décembre, ou la foire traditionnelle et la Foire à l’ancienne de la Saint Loup, le dernier week-end de mai. Le principal marché de la ville reste le marché de la place Marceau, qui se tient chaque samedi matin.

 

Les loisirs sont à l'honneur avec la grande fête foraine d’hiver, entre la mi-décembre et début janvier au Champ de Juillet et la Foire exposition de Limoges, tous les ans pendant la semaine de l’Ascension en mai.

 

Limoges ne renie pas ses traditions : les Ostensions limousines ont lieu tous les sept ans, lors desquelles les Limougeauds et les limousins célèbrent leurs saints (Saint Martial, Saint Aurélien, Saint Loup, Saint Junien, ...), lors de manifestations religieuses et populaires. Cette tradition remonte à l’an 994. Les dernières Ostensions ont eu lieu les 18 et 19 avril 2009.

 

La traditionnelle fête des ponts, sur les bords de Vienne, se tient à la mi-juin et donne lieu à un défilé de barques à fond plat décorées et ornées, à différentes animations.

 

La Frairie des petits ventres, le 3e vendredi d’octobre, triperie traditionnelle dans la rue médiévale de la Boucherie, rassemble chaque année des milliers de Limougeauds autour de diverses spécialités culinaires limousines (rognons blancs, boudin aux châtaignes, cidre, vin rosé de Verneuil-sur-Vienne...) et donne lieu à une grande soirée de festivités bien connue des jeunes limougeauds.

 

Le grand défilé de Carnaval entourant Mardi gras n'est pas oublié et réunit chaque année des milliers de spectateurs dont de nombreux enfants déguisés et maquillés, comme le veut la coutume.

 

Chaque année au mois d'août, a lieu le festival de musique cuivres en fête qui rassemble les plus grands musiciens du domaine pour une semaine de concerts.

 

Santé

 

Plan des principales infrastructures de santé et d'assistance de Limoges - cliquer pour agrandir

Hôpitaux, cliniques, centres médicaux et maisons de retraites

 

Le CHU

Limoges accueille le Centre hospitalier régional universitaire Dupuytren, le premier employeur de la région Limousin. Ce grand hôpital fut inauguré en 1976 par Jacques Chirac et Simone Veil, respectivement 1er ministre et ministre de la Santé. Il se situe au sud-ouest de la ville, au sein d'un ensemble de bâtiments de santé et de soins. Il est ainsi voisin du Centre hospitalier spécialisé Esquirol, et du récent Hôpital de la mère et l'enfant.

 

L'hospice Chastaingt a été fondé en 1899 grâce au legs d'un mécène, en faveur des personnes âgées en fin de vie[42].

 

Les cliniques privées du Colombier, François-Chénieux et des Émailleurs complètent le dispositif sanitaire de Limoges. Une maison médicale assure une continuité de consultations médicales les nuits et les week-ends, boulevard Gambetta.

 

Sécurité

 

Limoges dispose d'un commissariat de police, de deux casernes de gendarmerie et d'une caserne de Compagnie républicaine de sécurité (CRS 20).

 

Limoges est réputée être une ville relativement calme, sauf dans certaines cités où une petite délinquance sévit de façon assez endémique[43]. En centre-ville, la présence de marginaux sans domicile fixe a suscité des incidents à l'automne 2007[44].

 

Armée

 

L'hôtel de commandement des forces armées, situé place Jourdan

Ville de garnison ancienne (établissement d'un état-major de subdivision militaire en 1852 et construction de nombreuses casernes à partir de 1874), Limoges sera jusqu'en 2011 siège de l'état-major de force n° 4, de l'état major de la 3e brigade mécanisée, du 15e bataillon du train et de nombreux services. En effet, l'armée envisage d'abandonner le site de Limoges d'ici à 2010-2011[45]. L'annonce a déclenché l'incompréhension de plusieurs élus, le départ des militaires aurait ainsi une influence sur la démographie et l'économie communale. Le gouvernement prévoit néanmoins des compensations, comme il l'a annoncé par la voix du préfet de région Evelyne Ratte le 19 juin 2009. Ainsi, Limoges devrait pouvoir bénéficier d'une enveloppe de 6 millions d'euros, avec pour objectif la création de « projets créateurs d’activités et d’emplois »[35].

 

Article détaillé : Vie militaire à Limoges.

Poste

 

La commune de Limoges est divisée en trois circonscriptions postales pour la distribution du courrier :

 

« Limoges Bords de Vienne - centre de distribution », rue de Nexon, pour le code postal 87000.

« Limoges Brantôme - centre de traitement du courrier », rue de Brantôme, pour le code postal 87100.

« Limoges Uzurat - centre de distribution », dans les locaux du centre de tri, en Zone industrielle Nord, pour le code postal 87280.

Limoges est quadrillé par un réseau assez dense de bureaux de poste.

 

En zone industrielle Nord se trouve le centre de tri qui traite le courrier des trois départements limousins.

 

À Limoges se trouvent également un centre financier (chèques postaux et caisse d'épargne), le Centre des Mandats et Titres Optiques, la direction régionale courrier et une direction de la Banque postale ; le tout est situé rue de la Céramique.

 

Sports

 

Plan des principales infrastructures sportives de Limoges - cliquer pour agrandir

Principaux sites sportifs limougeauds

 

Le palais des sports de Beaublanc

Article détaillé : Sport à Limoges.

Limoges est principalement connue pour son club de basket-ball, le Limoges CSP, plusieurs fois champion de France et champion d'Europe en 1993, remplacé par le Limoges CSP Élite en 2004. Son club de rugby à XV, Limoges rugby, évolue en Fédérale 1 pendant la saison 2008-2009.

 

Les équipements sportifs sont concentrés au parc des Sports de Beaublanc (stades, piscine olympique, palais des Sports qui accueillait les spectacles jusqu'à l’ouverture du Zénith et les matchs du mythique CSP), et au parc des Sports de Saint-Lazare (stade du club de football, golf municipal situé à l’emplacement de l’ancien aérodrome, piscine et à proximité le dojo Robert Lecomte et la salle d’arme).

 

Il y a cinq piscines sur le territoire communal : deux à Beaublanc (une d'été et une couverte), Les Casseaux, non loin de la cathédrale, Beaubreuil et Saint-Lazare.

 

Traditionnellement, l'arrivée du tour cycliste du Limousin se fait à Limoges dans la 2e quinzaine d’août.

 

Limoges a déjà accueilli diverses manifestations sportives, telles des matchs de la coupe de France de basket-ball, de la Fed Cup, les championnats de France Handisport, des étapes du tour de France, ...

 

Parcs de loisirs

 

Les activités de loisirs sont nombreuses dans la région, tel le parc d’attractions de Bellevue, parc familial proposant des attractions ludiques et traditionnelles : manèges et piscines ludiques, dans un cadre naturel arboré.

 

Un autre site, dévolu aux animaux, est l'aquarium du Limousin[46], situé face à la mairie. Cet aquarium de 600 m², ouvert en 1993, possède quarante bassins, trois-cents espèces et environ deux-mille-cinq-cents animaux, du silure au piranha en passant par l’esturgeon ou la limule[47]. Sur le territoire de la commune du Vigen est présent un parc animalier et paysager, le parc du Reynou[48] (130 espèces différentes).

 

Médias

 

Le principal quotidien régional diffusé sur Limoges est le Populaire du Centre, du groupe Centre France (surnommé le Popu), qui est aussi le quotidien de la région Limousin. S’y ajoutent l’Écho du Centre et Info Magazine. En 2008, à l'occasion des élections municipales, un magazine mensuel gratuit, baptisé Libre à Limoges, a été lancé.

 

La direction de la communication de la mairie a créé en 1996 une chaîne d’information locale continue, 7 à Limoges, qui diffuse des annonces, des reportages...

 

France Bleu Limousin est la radio régionale qui émet sur les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne.

 

Média Nom Date de création Siège

Presse régionale écrite Le Populaire du Centre 1905 Limoges

Presse régionale écrite L'Écho du Centre 1944 Limoges

Chaîne de télévision locale 7 à Limoges 1996 (Mairie de) Limoges

Magazine local gratuit mensuel Libre à Limoges[49] 2008 Limoges

Chaîne de télévision régionale France 3 Limousin-Poitou-Charentes 1965 (ORTF) Limoges

Radio régionale France Bleu Limousin 1926 (Radio-Limoges) Limoges

Radio locale indépendante Flash FM[50] 2002 Feytiat

Radio locale chrétienne RCF Radio Email[51] Limoges

Radio locale associative Beaub'FM 1987 Limoges-Beaubreuil

Radio locale associative RTF 95.4[52] 1980 Limoges

Radio locale associative Swing FM[53] 2003 Limoges

Cultes

 

Les Limougeauds ont la possibilité de pratiquer les cultes catholique, protestant, israélite et musulman.

 

Cathédrale Saint-Étienne

La ville décorée pour les Ostensions en 2009

Limoges est le siège d'un évêché. Elle possède une cathédrale, la cathédrale Saint-Étienne et plusieurs églises : Saint-Michel-des-Lions, Saint-Pierre du Queyroix, Sainte-Marie auxquelles il faut ajouter l'église Saint-Jean-Baptiste de Beaune-les-Mines et une chapelle, la chapelle Saint-Aurélien. Du XIXe siècle datent les églises Saint-Martial-de-Landouge, Saint-Joseph, Saint-Paul-Saint-Louis, Saint-Antoine des Papillons et Sainte-Valérie[42]. Le Sacré-Cœur, Sainte-Jeanne-d'Arc, les Saints-Anges et Saint-Martial de Beaubreuil, ont été bâtie au XXe siècle. Sainte-Bernadette a été reconstruite il y a quelques années après un incendie. Quelques communautés religieuses sont implantées dans la ville, dont un couvent de carmélites à Crochat, une communauté franciscaine rue Charles-Gide. La petite communauté jésuite de la rue Jules-Noriac s'est dispersée il y a quelques années. Une petite communauté catholique traditionaliste se réunit dans une chapelle de l'avenue des Bénédictins et célèbre des offices dans la chapelle Saint-Antoine des Papillons. Une maison, dite du Bon-Pasteur, établie rue des Pénitents-Blancs et tenue par des religieuses, accueille des personnes âgées. La communauté des Petites-Sœurs-des-Pauvres, qui hébergeait des personnes âgées indigentes, est en cours de disparition en 2009. L'ancien séminaire du Sablard héberge divers services diocésains et un foyer de prêtres âgés.

 

Les Limougeauds de religion protestante ont plusieurs lieux de culte en fonction de leur mouvance : réformés, adventistes (adventistes du septième jour et témoins de Jéhovah), mormons, pentecôtistes.

 

Une synagogue, rue Pierre-Leroux, dessert la petite communauté juive, mais il n'y a pas de rabbin à Limoges.

 

La ville compte deux mosquées et quatre lieux de culte musulman[54].

 

Rue des Coopérateurs se trouve un temple maçonnique, et des loges se réunissent aussi au Moulin de la Garde. De nombreux autres ateliers des différentes loges existent dans d'autres lieux.

 

Depuis le XIXe siècle, l'incroyance a pris une ampleur importante à Limoges, avec des formes allant jusqu'à une certaine hostilité envers la religion[13],[29]. La Libre Pensée est fortement représentée. La pratique religieuse est assez faible mais, tous les sept ans, les ostensions rassemblent toujours une foule non négligeable.

 

Économie

 

Limoges, comme bon nombre d'autres villes, a longtemps basé son économie sur l'industrie, très active jusqu'à la crise des dernières décennies. Le secteur fut ainsi dominé principalement par la célèbre porcelaine de Limoges, fabriquée à partir du kaolin de Saint-Yrieix-la-Perche. Une importante tradition textile perdura également. À partir de 1831 et jusqu'aux années 1980, l'industrie du cuir et plus précisément de la chaussure fut la deuxième activité de la ville : elle comptait environ 7 000 ouvriers répartis en dizaines d'entreprises de toutes tailles : il faut citer notamment Monteux et Heyraud (fermeture de l'usine en 1984). Depuis ne subsiste que l'entreprise J.M. Weston[55].

 

L'industrie de la porcelaine subsiste, perpétuée désormais majoritairement par de grandes entreprises telles Bernardaud ou Royal Limoges et qui subsiste grâce à l'économie touristique en grande partie, dont l'imposant bâtiment est visible sur les bords de Vienne. En revanche, l'industrie de l'émail n'existe plus qu'au niveau touristique.

 

Ville ouvrière au début du XXe siècle, le secteur secondaire est - malgré un faiblissement sensible - encore important. Ainsi, l’industrie des véhicules est toujours représentée dans l’est de la commune avec la présence de l’usine Renault Trucks (véhicules industriels, ex Saviem) et l'industrie alimentaire avec Madrange.

 

Par ailleurs, la ville a longtemps vécu de l'industrie textile en plus de celle des chaussures (chapelleries, tanneries) et également dans une moindre mesure de l'industrie agro-alimentaire du secteur brassicole et liquoriste avec la distillerie Lescuras, et de nombreuses brasseries dont la plus célèbre est la brasserie Mapataud, initialement propriété Raby, fondée en 1765 et fermée seulement en 1975[30]. Depuis, une unité de production persiste, la brasserie Michard, située place Denis Dussoubs, qui produit depuis 1989 des bières artisanales. Cette tradition est à l'origine du musée des Distilleries limougeaudes.

 

Mais la principale entreprise privée est, de loin, la société de matériel électrique Legrand ; cette multinationale est née de la reconversion réussie d'une entreprise de porcelaine victime d'un incendie. Elle a son siège social et plusieurs unités de production à Limoges.

 

Limoges est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Limoges et de la Haute-Vienne qui gère l'aéroport de Limoges Bellegarde, et fut le siège jusqu'à sa disparition en 2004 de la Chambre régionale de commerce et d'industrie Limousin-Poitou-Charentes.

 

Dominant déjà le Limousin par son poids démographique, Limoges est résolument de loin le premier pôle d'emploi de la région, et concentre 17 des 35 plus grands établissements du Limousin[56].

 

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Revenus de la population et fiscalité

 

Le budget annuel de la ville était de 291 millions d'euros[33] en 2007. En 2009, il est évalué à 300 millions d'euros[8].

 

Emploi

 

Répartition de la population active selon les PCS[57]

Indicateur Limoges France Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres et professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers

0,2 % 2,4 %

4,6 % 6,4 %

12,9 % 12,1 %

24 % 22,1 %

32,6 % 29,9 %

25,7 % 27,1 %

En décembre 2005, le taux de chômage avoisine les 8 %[33]. La ville possède un taux de chômage plus élevé que le taux moyen régional, qui reste un des plus faibles de France avec celui de l'Alsace, mais qui est cependant au même niveau que le taux national. Il faut toutefois remarquer que la baisse du chômage entre 1999 et 2005 est plus importante qu'au niveau national ; ainsi il est passé dans la capitale régionale de 13,5 % à 8 %, quand en France il passait de 12,9 % à 9,6 %. Il y avait en 1999 60 527 actifs à Limoges (45 % de la population), et 75 % des 20-59 ans étaient actifs[57]. Les retraités représentaient 19,9 % de la population, les scolarisés 26,3 %, les non-actifs 8,6 %.

 

Entreprises et commerces

 

Technologies de pointe

 

La création d'Ester Technopole, en 1992, conçu comme un point de rencontre des industries et technologies de pointe, tente de donner un pôle de dynamisme à la commune. En fait, le principal pourvoyeur d'emplois sur la commune reste de nos jours les administrations et services publics, avec en tête le CHU et la municipalité. Limoges regroupe en effet de nombreuses administrations : le siège national du Centre national pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (CNASEA) était présent sur la commune jusqu'à sa fusion avec l'Agence de services et de paiement en 2009, qui a néanmoins gardé son siège à Limoges. Cependant, beaucoup de services ont tendance à quitter la ville pour des départements et villes jugés plus dynamiques (Poitiers, Bordeaux ou Clermont-Ferrand). Deux pôles de compétitivité ont été créés à Limoges, dont le pôle européen de la céramique, intervenant dans des domaines aussi variés que les prothèses médicales, l'optoélectronique ou les arts de la table.

 

Les arts du feu

 

Plaque du maître-autel de l'abbaye de Grandmont en émail de Limoges, 1189-1190, cuivre champlevé, gravé, ciselé, émaillé et doré, Paris, Musée de Cluny.

Pot à chocolat en porcelaine de Limoges

Limoges a une forte tradition industrielle, illustrée par la porcelaine, l'émail et le vitrail.

 

La fabrication de la porcelaine a pu se développer grâce au kaolin, matière première abondante dans la région (cf Saint-Yrieix-la-Perche, où Darnet a découvert les gisements en 1771). Depuis le XVIIIe siècle, Limoges est mondialement connue pour sa porcelaine, dont l’industrie a été lancée par l’intendant du roi Turgot. L’arrivée de la porcelaine à Limoges est donc très récente en comparaison de l’émail.

 

Article détaillé : Porcelaine de Limoges.

Le développement de l’émail date des XIIe et XIIIe siècles. L’émail peint, dont Limoges détient le quasi-monopole, date pour sa part de la fin du XVe siècle. Après deux siècles de décadence, un nouvel essor de l’émail a lieu dans les années 1880 / 1900, notamment grâce aux peintres passionnés d’art décoratif et aux artisans de la porcelaine. Actuellement, cet artisanat d'art traverse une certaine crise, avec la baisse du nombre des émailleurs et la suppression de la Biennale de l’Émail. Quelques fabricants dynamiques s’efforcent pourtant de redonner un certain prestige à cette technique ancestrale, en produisant des œuvres d’art originales.

 

Article détaillé : Émail de Limoges.

L'art du vitrail s'est implanté à Limoges seulement au début du XXe siècle, avec Francis Chigot, dont les œuvres civiles notamment (gare de Limoges Bénédictins, maisons particulières, etc.), ont marqué durablement le patrimoine limougeaud. « L'Atelier du Vitrail », créé en 1907 par Francis Chigot, devenu par la suite coopérative ouvrière, tente de maintenir cette activité[58].

 

Échanges internationaux

 

Limoges utilise de plus en plus son image économique pour intensifier ses liens et ses coopérations avec l'étranger. Ces partenariats ont d'ores et déjà été faits à travers les jumelages que la ville entretient. Ainsi, une Maison de Limoges et du Limousin s'est ouverte à Fürth (Limoges und Limousin Haus). Cette structure, qui s'attache à promouvoir l'image de la région en Allemagne et entretenir les liens d'amitié et de coopération entre les deux villes, propose également de nombreuses activités culturelles tout au long de l’année (manifestations, conférences, expositions).

 

La ville de Limoges a aussi pris la tête du réseau UNIC (Urban Network for Innovation in Ceramics[3]), programme européen qui regroupe plusieurs villes dont Séville, Stoke-on-Trent et Aveiro, et qui a pour objectif de « permettre aux villes européennes d’engager un travail de coopération et de partage d’expériences grâce à la création de réseaux thématiques », en encourageant la protection de ce patrimoine et ce savoir-faire commun, la défense des emplois des entreprises du secteur, l’investissement en faveur des nouveaux métiers (notamment dans les technologies de pointe), et un essor harmonieux du développement urbain[59] ,[60].

 

Zones et activités industrielles et commerciales

 

La rue du Consulat, une des principales rues commerçantes du centre-ville

Limoges possède plusieurs zones industrielles : la Zone Industrielle Nord (ZIN), jumelée au centre routier de Grossereix, la Zone Industrielle de Magré-Romanet, au sud, et la zone industrielle de la route du Palais.

 

 

Outre les magasins de quartier, le petit commerce est implanté principalement dans quelques rues du Centre-Ville : rue Jean-Jaurès, du Clocher et Ferrerie. La place Sadi-Carnot constitue aussi un pôle pour le petit commerce, entre les boutiques et les halles Dupuytren. Comme dans toutes les villes, banques et agences immobilières prennent souvent la place d'anciennes boutiques.

 

Les centres commerciaux les plus fréquentés sont ceux de la zone industrielle Nord (ZIN) située à Beaubreuil, le centre commercial de Corgnac et la zone commerciale des Quatre-Vents à Boisseuil. Limoges possède aussi une importante galerie commerciale en centre-ville, le Centre Saint-Martial, situé avenue Garibaldi.

 

S'engageant depuis sa création en 2002 à dynamiser le tourisme et à réhabiliter les quartiers et les logements concernés, l'opération Cœur de Limoges, pilotée par la municipalité, a aussi pour mission de relancer l'activité commerciale du centre-ville. Ainsi, l'attractivité de celui-ci, concurrencé par les espaces commerciaux de la périphérie ou encore le Centre Saint-Martial, est jugée insuffisante. Cœur de Limoges se fixe ainsi l'objectif d'« étendre la zone de chalandise de la ville », en encourageant l'installation de grandes enseignes nationales (c'est le cas avec l'ouverture de la FNAC en 2005), l'organisation de manifestations englobant toutes les activités de l'opération (par exemple avec des concours photo, des opérations commerciales, ou le Parcours de l'Art, qui propose au public de découvrir conjointement le centre de Limoges et des œuvres de peintres régionaux)[3].

 

Culture et patrimoine

 

La politique du patrimoine menée par la Ville de Limoges fait l'objet de controverses.

 

D'un côté, les actions jugées positives sont nombreuses et importantes : rénovation des façades du centre-ville dans le cadre du PRI (Programme de Rénovation Immobilière)[Note 6], connue sous le nom de l'opération Cœur de Limoges, réhabilitation du quartier Haute-Cité, avec la place Saint-Étienne et la transformation - agrandissement du musée municipal de l'Évêché, protection au titre de la ZPPAUP créée en 2004 (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager) des anciens noyaux villageois engloutis par l'urbanisation, des arbres remarquables, et de plus de 200 édifices protégés, transformation des bords de Vienne en promenade piétonnière, etc. Ces efforts ont été concrétisés par la récente labellisation « Ville d'Art et d'Histoire », accordée par le Ministère de la Culture le 24 janvier 2008[61]. En même temps, la ville de Limoges a mis en œuvre un grand programme de réorganisation du quartier de la Cité, parfois jugé peu accueillant par les usagers et les touristes. L'élaboration de la Charte d'Aménagement Urbain du quartier, a permis la tenue de fouilles devant le parvis de la cathédrale (baptistère paléochrétien), une grande rénovation de la place et de la façade de l'édifice, ainsi qu'une totale réorganisation du plan de circulation et de stationnement[3].

 

Limoges est Ville d'Art et d'Histoire depuis 2008

Dans le même temps, des lacunes, également nombreuses et importantes, sont dénoncées[réf. nécessaire], telles que l'absence de toute création de secteur sauvegardé et de valorisation du patrimoine archéologique, par exemple pour les vestiges d'Augustoritum (vestiges réenfouis ou rasés après fouilles). Citons aussi les démolitions, encore récentes, d'éléments du patrimoine local, comme la « maison Laforest », datant du XVIIIe siècle, ultime vestige de l'industrie textile limougeaude, le lavoir municipal de Saint-Lazare, au moment où les lavoirs devaient être protégés au titre de ladite ZPPAUP)[43]. Enfin, citons des éléments importants du patrimoine, qui sont là encore jugés insuffisamment entretenus, en dehors de grandes opérations : l'exemple le plus caractéristique est la crypte Saint-Martial, pour laquelle une réhabilitation est envisagée après plusieurs décennies d'abandon ; des études préalables sont en cours depuis le début le début de la décennie 2000, mais vont durer plusieurs années.

 

D'autres exemples de carence dans la mise en valeur de certains sites existent. Ainsi, on peut citer l'amphithéâtre gallo-romain, réenfoui sous le jardin d'Orsay, ou encore la villa gallo-romaine de Brachaud, qui bien que rénovée et bénéficiant depuis 2009 de panneaux indicateurs, reste méconnue.

 

Ce bilan contrasté peut s'expliquer par des choix budgétaires mais est jugé pénalisant pour le patrimoine de la ville, surtout après de longues périodes de carences en ce domaine, des deux premiers tiers du XXe siècle jusqu'aux années 1960)[62].

 

Par ailleurs, le ministère de la Culture a choisi d'accorder à un grand nombre de bâtiments le label « Patrimoine du XXe siècle », un label donné aux constructions jugées remarquables. Limoges ayant une part importante de son patrimoine architectural datant de ce siècle, de nombreux monuments ont été gratifiés, tels le Lycée Turgot, l'école de reconversion et rééducation professionnelle Féret-du-Longbois, le château d'eau de Beaubreuil, le garage Dessagne ou l'école nationale supérieure d'art[3].

 

Monuments et lieux touristiques

 

Édifices religieux

 

L'église Saint-Michel-des-Lions

L'église Saint-Pierre-du-Queyroix

Cathédrale Saint-Étienne (XIIIe-XIXe siècles) : l'édifice massif, au typique clocher limousin, n'a été achevé qu'à la fin du XIXe siècle avec le rattachement du clocher d'origine romane à la nef. Située au cœur du vieux quartier de la Cité, elle renferme deux œuvres Renaissance d'une grande qualité : un jubé réalisé sur commande de l'évêque Jean de Langeac, et le tombeau de cet évêque sur lequel sont sculptés des scènes de l'Apocalypse inspirées de Dürer. La flèche, à plusieurs reprises détruite par le feu, n'a pas été reconstruite.

Église Saint-Michel-des-Lions (XIVe siècle) : cette église conserve, depuis la Révolution française, les reliques de saint Martial. Son architecture est caractéristique des églises-halles du domaine Plantagenêt. Elle possède de magnifiques vitraux des XVe et XVIe siècles, deux piétas médiévales et de nombreux objets de cultes, un élégant clocher de type limousin (XIVe siècle) surmonté d'une boule en cuivre, deux lions gallo-romains au pied du clocher, qui ont donné leur nom au monument[63].

Église Saint-Pierre-du-Queyroix (XIIIe siècle) : d'origine romane, elle fut reconstruite du XIIIe au XVe siècles. Notons un vitrail de type Renaissance, un Christ du XIIIe siècle, et de nombreux autres détails comme un retable baroque et statues remarquables[63]. Derrière cette église, tout près du Lycée Gay-Lussac, est né en 1929 le fameux club de basket du Cercle Saint-Pierre, plus connu sous le sigle CSP.

Église Sainte-Marie (XIIIe siècle) : cette église est une partie de l'ancienne église conventuelle des Dominicains, ou frères prêcheurs ou Jacobins (le reste de l'église abrite les archives municipales de Limoges). Elle possède un magnifique retable. L'inquisiteur Bernard Gui a été enterré dans cette église.

Église de Beaune-les-Mines : cette petite église romane a conservé une très belle statue de saint Christophe. Sur son parvis, s’élève une croix de pierre du XVe siècle.

Chapelle Saint-Aurélien (XIVe et XVIIe siècles) : ce petit édifice renferme les reliques du second évêque de Limoges, saint patron de la confrérie des Bouchers. Elle possède de belles statues médiévales et un magnifique retable baroque[64]. Le bâtiment est toujours entretenu par les bouchers du quartier[65], qui l'achetèrent comme bien national à la Révolution, le sauvant de la destruction.

Baptistère paléochrétien (Ve siècle) : place Saint-Étienne. il se situait au pied du portail nord de la cathédrale, dit portail Saint-Jean, sur l'emplacement d'une ancienne église paroissiale, supprimée à la Révolution, placée sous le vocable de saint Jean Baptiste. Il s'agissait d'un vaste édifice de plan hexagonal centré sur la cuve baptismale. Chacun des côtés ouvrait sur une pièce carrée. L'entrée se faisait par un perron à trois portes ouvrant à l'ouest. Les vestiges de ce baptistère sont actuellement réenfouis en attendant un choix architectural pour leur valorisation.

La chapelle du Séminaire de la Règle, édifiée en 1905 sur le site de l'ancienne abbaye de la Règle et jamais consacrée : actuellement dépôt légal et Musée de la Résistance et de la Déportation

Cathédrale Saint-Étienne, jardin et musée de l'Évêché

Crypte Saint-Martial (Xe siècle) : place de la République. Cette crypte conserve encore les tombeaux de Saint Martial, premier évêque et patron de la ville, de ses deux compagnons Alpinien et Austriclinien et de la légendaire Sainte Valérie. Elle fut découverte durant les années 1960, lors de la création du parking de la Place de la République. Il n’en reste au début du XXIe siècle qu’une petite partie.

La situation du tombeau donna naissance à un pèlerinage, puis occasionna la construction de l'abbaye bénédictine de St-Martial. Cette abbaye prospéra et étendit son influence sur le Sud-Ouest. De magnifiques manuscrits, désormais conservés à la Bibliothèque Nationale, y furent créés ; c'est aussi en son sein que furent fabriquées les plus belles pièces d'orfèvrerie du Moyen Âge, connu sous le nom d'Œuvre de Limoges. On a situé dans l'aire de son rayonnement les débuts de la poésie en langue d'Oc, et fait remonter l'origine de la polyphonie à son école musicale. Rasée au tout début du XIXe siècle, il ne reste du monument que la crypte[66].

Abbaye Sainte-Marie de la Règle (IXe siècle)-(XVIIIe siècle) : fondée en 817 par Louis le Débonnaire, cette abbaye était proche de la cathédrale Saint-Étienne. Ce fut un important couvent de femmes, dirigé par des abbesses issues de la noblesse limousine. À partir de 1790 les bâtiments de l'abbaye accueillent une maison de détention avant d'être presque entièrement détruits. Sous le 1er Empire fut édifié, autour du logis de l'abbesse subsistant, le Grand Séminaire, qui y resta jusqu'en 1905. La plupart des édifices furent rasés dans les années 1960, notamment le logis de l'abbesse, du XVIIe siècle : la chapelle du séminaire (en fait jamais consacrée) sert d'annexe à la médiathèque municipale, au dépôt légal régional et pour le Musée de la Résistance. Dans l'ancien réfectoire du séminaire est installé un centre d'accueil des Compagnons du tour de France. Il ne subsiste de l'ancienne abbaye proprement dite qu'un magnifique souterrain sous le site du logis de l'abbesse.

Couvent des Carmes (XIIIe siècle) : avenue Saint-Éloi ; à l’emplacement de l'église du couvent fut construite une banque, qui a soigneusement inscrit dans ses murs les anciens arcs sur lesquels subsistent de magnifiques peintures médiévales. La salle capitulaire est conservée dans la rue Neuve-des-Carmes qui traverse le site des anciens bâtiments conventuels. Ceux-ci avaient en effet été vendus à la Révolution à plusieurs personnes privées. Une fresque de la fin du Moyen Âge — pourtant classée monument historique — a dû être déposée et déplacée.

Palais de l’Évêché (XVIIIe siècle) : de l’architecte limousin Joseph Brousseau, ce palais est caractéristique du néo-classicisme, seule la chapelle a conservé son décor originel. Il est le siège du musée municipal de Limoges qui accueille des collections d'émaux, de peintures et des objets préhistoriques ou antiques (voir le chapitre sur les musées). Les jardins de l'Évêché, en terrasses à la française, ont été reconstitués en 1976 (parterres, mails, bassins et orangerie) en accompagnement de l'ancien palais épiscopal conçu par Brousseau. Le site, inscrit, est ouvert toute l'année ; des visites guidées sont organisées sur demande auprès du service des espaces verts de la Ville de Limoges.

Couvent de la Visitation (XVIIe siècle) : cet ancien couvent, affecté jusqu’à ces dernières années à l’armée, a conservé son église à dôme construite par Brousseau. Devenu prison et tribunal à la Révolution, le bâtiment accueille quelques années une pépinière, puis une bibliothèque et une école. En 1857 la caserne ouvre[67]. La façade Nord, longue de 100 50 mètres, date du second Empire. La caserne a été vendue en 2005 au Conseil général qui y regroupera ses services, après mise aux normes, transformations et agrandissements en demi-enterré.

Monuments civils

 

Amphithéâtre gallo-romain : une partie notable de cet ouvrage, qui faisait partie des principaux monuments de la cité gallo-romaine d'Augustoritum et qui fut l’un des plus vastes de la Gaule, a fait l'objet de fouilles à la fin des années 1960. Les vestiges un temps exhumés et mis en valeur ont été à nouveau enterrés sous le jardin d’Orsay. La présence proche de la rue de l'Amphithéâtre, reliant la place Winston Churchill à la place des Carmes, et donc le centre-ville à la route d'Angoulême, est le seul témoignage de l'existence d'un tel monument.

Gare des Bénédictins

Les halles centrales

L'ancienne Poste Centrale de la place Stalingrad, construite entre 1909 et 1911, présentant une architecture d'inspiration Art nouveau, et des éléments préfigurant l'Art Déco. Ce bâtiment accueille la FNAC depuis 2005, et toujours un bureau de poste au rez-de-chaussée.

Villa gallo-romaine de Brachaud : situé tout près du lac d'Uzurat, cette résidence rurale comprenant également des thermes chauffés par hypocauste, a été construite vraisemblablement au IIIe siècle. Elle a été mise à jour par l'archéologue Jean-Pierre Loustaud lors de campagnes de fouilles successives réalisées entre 1976 et 1988, et reste méconnue du public, car difficile d'accès[44].

Hôtel Estienne de la Rivière : cet ancien hôtel particulier, siège des Trésoriers de France avant la Révolution, a été transformé au début du XIXe siècle. Il est situé place du Présidial, en face de l'école du Présidial, qui était l'intendance de la Généralité de Limoges avant la Révolution, puis la préfecture jusqu'en 1908 ; à côté se trouve le « Présidial », tribunal et accueillant une annexe de la faculté de Droit. C'est au Présidial que le jeune Marivaux vint chercher l'autorisation d'éditer sa première pièce, et que Turgot, intendant du Limousin de Louis XV, séjourna de 1761 à 1774[68].

Hôtel Maledent de Feytiat (XVIIe siècle) : rue Haute-de-la-Comédie ; ce petit immeuble édifié en 1639 sur des bases du XVe siècle[13] a conservé de son époque de construction un portail classique et une cour intérieure à colonnade. Il fut brièvement utilisé comme siège de la garde départementale durant le Premier Empire, puis accueillit un collège religieux fermé par la loi de séparation de l'Église et de l'État. Devenu pensionnat en 1921, il est racheté par le ministère des affaires culturelles, et accueille désormais le siège de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).

Lycée Gay-Lussac de Limoges (XVIIe siècle) : l’ancien collège des Jésuites, dont seule la chapelle a survécu, fut reconstruit sur les plans de l’architecte Brousseau dans un brillant style classique. La chapelle, qui a servi de gymnase jusque dans les années 2000, contient un remarquable retable baroque qui est en péril (ayant notamment été dégradé par un incendie). La façade et les clochetons de cette chapelle, classés Monuments historiques, se détériorant également, une grande opération de rénovation en 2008 a permis leur sauvegarde.

Halles Centrales (XIXe siècle) : le « ventre de Limoges » fut dessiné dans les ateliers de Gustave Eiffel. Au sommet des arcades de fer, court une petite frise en porcelaine représentant les différents produits vendus à l'intérieur. La place de la Motte a été redessinée au milieu des années 1990 (fouilles de la motte castrale où se trouvait le donjon du vicomte de Limoges, de vestiges gallo-romains et mérovingiens, création d’un parking souterrain) en s’inspirant d’une esthétique très minérale.

Hôtel de Ville et fontaine en porcelaine (XIXe siècle) : inauguré en 1883, il a été édifié grâce au legs d'un riche donateur, Fournier. Sa riche façade couronnée d'un petit beffroi est chargée des médaillons de quatre Limougeauds célèbres : Pierre-Victurnien Vergniaud, Léonard Limosin, Henri François d'Aguesseau et Jean-Baptiste Jourdan. Au premier étage, la salle des mariages, la salle des fêtes et le « salon bleu » constituent, avec l'escalier d'honneur, un témoignage de l'architecture de la fin du siècle. Le square situé devant le bâtiment est occupé en son centre par une fontaine mélangeant pierre, porcelaine décorée et bronze.

Le quartier des Ponts

L'hôtel Maledent de Feytiat, rue Haute-de-la-Comédie

Musée national de la porcelaine Adrien Dubouché (XIXe siècle) : c'est un bâtiment à l'architecture éclectique inspirée de la Renaissance. Il accueille des collections de porcelaine ; c'est un des neuf musées de France à avoir testé la gratuité en 2008.

Pavillon du Verdurier (XXe siècle) : ce monument de style Art Déco rappelant certains détails d'architecture de la gare ou des Halles centrales sert désormais de hall d’exposition, après avoir été tour à tour pavillon frigorifique, marché couvert et gare routière. De plan octogonal, construit en 1919 en béton, conçu par Roger Gonthier, architecte de la gare, la décoration extérieure de mosaïque et de grès cérame est l'œuvre d'une maison de Boulogne-Billancourt. La décoration intérieure est de Léonard Chigot, père du maître-verrier Francis Chigot. Protégé et classé dans les années 1970, il devient alors le pavillon du Verdurier proprement dit. L’ancien quartier du Verdurier, très intéressant quartier du Moyen Âge présentant de beaux immeubles gothiques en pierre, a été détruit au début du XXe siècle à cause de son insalubrité[69].

Préfecture (XXe siècle), construite sur les décombres du quartier du Viraclaud, elle possède une pièce de réception, le « salon des Maréchaux », présentant un plafond aux magnifiques peintures et deux tableaux à la gloire du département : le maréchal Jourdan et le maréchal Bugeaud. L'escalier d'honneur est éclairé par un grand vitrail représentant la porcelaine.

Gare des Bénédictins (1924-1929) : le chemin de fer arrive à Limoges en 1856. La première gare en dur est terminée en 1859. Bientôt trop petite, elle fait l'objet d'agrandissements jugés inesthétiques. Une nouvelle gare est bâtie selon les plans de Roger Gonthier, qui a dessiné un bâtiment à coupole et campanile sur pilotis au-dessus des voies ; l'édifice est en béton armé recouvert de plaques de calcaire. Des sculptures symbolisent à l'entrée la porcelaine et l'émail, à l'intérieur quatre provinces françaises. Les vitraux sont de l'artiste limougeaud Francis Chigot. Le campanile, exactement dans l'axe de l'avenue de la Libération et du Champ-de-Juillet, a 66 m de haut.

Maison du peuple (1935-1936) : inauguré le jour de la signature des Accords Matignon, le 7 juin 1936[70], dans l'actuelle rue Charles-Michels, cet édifice est le symbole de l'engagement syndical à Limoges, et reste le siège de la CGT locale.

Bibliothèque francophone multimédia : construite par l’architecte Pierre Riboulet, elle a ouvert en 1998, sur le site de l’ancien hôpital général (XVIIe et XVIIIe siècles) ainsi que d’un très important site archéologique gallo-romain, démoli à l'occasion de la construction de ce bâtiment. Forte de 58 000 usagers inscrits (soit plus de 40 % de la population de Limoges, alors que la moyenne nationale est de 18 %), la BFM accueille près de 500 000 visiteurs par an avec une moyenne de 2 000 personnes/jour, et des pointes de fréquentation de 4 500 visiteurs le samedi[17].

Châteaux

Château de Beauvais (XVIIIe siècle) : situé à Landouge, c'est l'ancienne demeure des abbés de l’abbaye Saint-Martial. Elle fut construite sur les plans de l’architecte limousin Joseph Brousseau, au XVIIIe siècle[71].

Château des Essarts : situé dans la vallée de la Mazelle, près de Beaune-les-Mines, c'est un château du XVIIe siècle inscrit à l'inventaire des Monuments historiques. Les façades et toitures datent du XVIIe siècle, et l'escalier intérieur est remarquable[71]. Autour s'étend un parc paysager du XIXe siècle (arboretum, verger, parterres avec buis) : on y trouve un séquoia géant (Sequoiadendron giganteum) et des chênes pédonculés (Quercus robur)[Note 7].

Château de la Bastide, propriété privée

Château de Fontgeaudrant, propriété privée

Château de Crochat, carmel depuis 1954. M. de Leffe, ingénieur qui dirigea les travaux de construction de la voie ferrée Paris-Toulouse, invita ici un ami intime, le frère de l'empereur japonais de l'époque, Kōmei. Cet ami avait emporté avec lui des plants de ginkgo biloba, qui furent plantés devant la gare de Saint-Sulpice-Laurière, dans les monts d'Ambazac. Cet ensemble de plantation serait unique en France[72].

Château Jouxtens ou de Saint-Lazare, propriété privée. La reddition de la garnison allemande de Limoges y fut négociée en août 1944, le propriétaire étant de nationalité suisse.

Château de Faugeras, construit peu avant 1742, désormais hôtel ****.

Places, ponts et autres constructions

 

La place Denis Dussoubs

Le vieux pont Saint-Martial

Le vieux pont Saint-Étienne

Le nouveau pont

La cour du Temple

Place Denis Dussoubs (XVIIIe siècle) : cette ancienne place royale est longée de magnifiques immeubles en briques rouges. Elle marque la « porte » nord de l'ancien quartier du Château. C'est une des places les plus animées de la ville (cinéma, nombreux bars, restaurants). Au sud de l’ancien quartier du Château se situe une autre place du XVIIIe siècle : la place Manigne, défigurée par un immeuble moderne.

Place Fontaine des Barres (XVIIe siècle) : elle s'est développée autour d'une fontaine aujourd'hui fermée. Elle est entourée d'hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que du portail de l'ancien couvent des Filles de Notre-Dame. La place tire son nom des barres de fer qui autrefois étaient posées sur le puits public pour éviter les noyades. La fontaine pyramidale qui remplace ce puits date du XVIIIe siècle[68].

Pont Saint-Martial : construit en 1215 sur des bases gallo-romaines, en contrebas de l'ancien forum. Il permettait de traverser la Vienne en facilitant les échanges entre Avaricum et le sud de la Gaule. Il possède sept arches en arc brisé.

Pont Saint-Étienne : achevé au XIIIe siècle, il permit aux habitants de la Cité (au Moyen Âge, Limoges est coupée en deux entités que sont le Château et la Cité) de ne plus être tributaires de l'autre partie de Limoges qui possédait le pont Saint-Martial. Il supporte le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Pont de la Révolution : achevé en 1885, il relie l'avenue du même nom à l'avenue Georges Pompidou, se prolongeant vers la route de Solignac.

Pont Neuf : bâti entre 1832 et 1840, élargi au XXe siècle, il est orné de sculptures d'Henri Varenne, qui travailla aussi sur la gare des Bénédictins, le château de Versailles et divers monuments de Tours.

Nouveau pont sur la Vienne, inauguré en 2006 : il a été appelé, par plaisanterie, un 1er avril, le « pont Ticaud » par allusion aux ponticauds, les habitants du « quartier des Ponts » de Limoges. Depuis une plaque semble officialiser le nom.

Quartiers et immeubles intéressants

 

Village de la Boucherie (Moyen Âge et XVIIe siècle) : il s’agit de l’un des quartiers les plus pittoresques de Limoges, le long de la rue du même nom et des ruelles alentours, les maisons à colombages — occupées aux rez-de-chaussée par d’anciennes boutiques (bouchers, tripiers) — et les fenêtres à meneaux, rappellent les activités du quartier tournées vers la viande. La Maison traditionnelle de la Boucherie ressuscite une ancienne boucherie : boutique, cuisine, écurie-tuerie, chambre, grenier-séchoir à peaux. On y découvre la vie professionnelle, familiale et religieuse des bouchers de Limoges. En effet, la confrérie des bouchers, active du Xe siècle à la Révolution[3], régissait toute l'activité de la rue.

L'Abbessaille (Moyen Âge) : ce quartier pittoresque et calme rassemblait autrefois les lavandières et les Naveteaux (du lieu-dit voisin du « Naveix »). Avec ses étroites ruelles en pente, il s'étend entre la Vienne, la cathédrale, et le boulevard des Petits-Carmes

Four des Casseaux (XIXe siècle) : situé près de la Vienne, non loin du « Port du Naveix », c'est un témoin du passé industriel de Limoges. Construit en 1884, il est l'unique représentant des fours du XIXe siècle à être classé monument historique. Il est resté en activité jusqu'en 1955[13]. A noter qu'il reste au total 5 fours ronds sur la commune de Limoges[30].

Cité des Coutures et cité-jardin de Beaublanc : cités ouvrières édifiées au début du XXe siècle par Roger Gonthier, l’architecte de la gare des Bénédictins et du pavillon du Verdurier.

Cour du Temple (XVIIe siècle) : cette petite cour intérieure est bordée par un hôtel particulier à colonnade et à pans de bois, il est souvent caractérisé comme étant un des lieux les plus enchanteurs de Limoges, à cause de son aspect vierge de toute modernité. La rue du Temple, qui lui est voisine, possède de beaux hôtels qui mériteraient d’être restaurés. Les hôtels particuliers entourant le lieu, aux façades à colombages, sont reliés entre eux par des galeries ouvertes à l'italienne et des escaliers de style Renaissance[73].

Le sous-sol de Limoges possède deux ou trois niveaux de caves voûtées et de souterrains (souvent des aqueducs), soit creusés dans le tuf, soit maçonnés, et formant un impressionnant réseau. Leur construction s’étale probablement sur plusieurs siècles. Durant ces vingt dernières années, le nombre de cavités et de galeries souterraines que compte Limoges a considérablement diminué, sous les effets combinés de l’urbanisme, des travaux de voirie, et d’une certaine négligence. Ainsi, de nombreuses cavités sont murées suite aux achats et aux ventes successives des bâtiments, d'autres s'effondrent avec le temps ou sont tout simplement détruites en même temps que l'édifice construit au-dessus, lors des programmes de réhabilitation de quartier[65]. Néanmoins, les souterrains de la Règle sont l'objet de visites régulières organisées par l'office de tourisme, ce qui permet de laisser aux souterrains de la ville une image vivante et bien réelle.

 

Patrimoine culturel

 

Plan des principaux sites culturels de Limoges - cliquer pour agrandir

Principaux sites culturels limougeauds

 

Musées et lieux d’expositions

 

Limoges abrite plusieurs musées, dont les principaux se sont donnés pour tâche la mise en valeur du célèbre patrimoine industriel que sont la porcelaine et l'émail. Le premier est le musée Adrien Dubouché, du nom d'un mécène de la seconde moitié du XIXe siècle qui fut notamment maire de Limoges. Il est situé place Winston Churchill, non loin de la place Denis Dussoubs. Le bâtiment, construit par Henri Mayeux et inauguré en 1900, accueille plusieurs collections de porcelaine, de faïence, de grès, de verre et de poterie.

 

Le musée Adrien-Dubouché

Situé dans le quartier historique de la Cité, le musée de l'Évêché, qui accueille environ 70 000 visiteurs par an[74], est un musée municipal. Installé dans l’ancien palais épiscopal du XVIIIe siècle construit par l'architecte Joseph Brousseau, il abrite l'une des plus importantes collections d’émaux du monde (émaux champlevés médiévaux, émaux peints de la Renaissance, émaux contemporains...), ainsi que des collections de sculptures, d’archéologie et de peintures (Auguste Renoir, Armand Guillaumin de l’école de Crozant, et aussi des œuvres de Fernand Léger, Maurice Denis, Marc Chagall, Eugène Delacroix, Henri Matisse, ...) et d'égyptologie[75]. L'entrée monumentale de cet ensemble classique a été récemment défigurée par les travaux remodelant le nouveau musée (construction d'un « bunker »).

 

Terre de résistance, illustrée par de célèbres maquisards comme Georges Guingouin et par le terrible massacre d'Oradour-sur-Glane, le Musée de la Résistance et de la Déportation Henri-Chadourne est temporairement installé dans l'abbaye de la Règle, dans l'attente de la fin de travaux engagés en 2006 et qui doivent se terminer fin 2009[76].

 

La longue tradition de brasserie et de distillation de Limoges (XVIIIe-XXe siècle) a été l'occasion d'ouvrir le musée des Distilleries limougeaudes, situé rue de Belfort, qui se propose de faire découvrir aux visiteurs les techniques d'élaboration et de distillation de divers alcools[77].

 

La maison traditionnelle de la Boucherie, située dans la rue et le quartier du même nom, est une ancienne maison de bouchers, reconstituée avec sa boutique, sa cuisine, son écurie-tuerie, sa chambre, son grenier-séchoir à peaux. Plusieurs salles d'exposition présentent les traditions de la corporation des bouchers de Limoges, leur dévotion à saint Aurélien, leurs outils, etc. Des visites sont organisées par l'office de tourisme.

 

La galerie des Hospices, installée derrière la bibliothèque francophone multimédia, accueille des expositions temporaires.

 

Les compagnons du tour de France, installés près de la cathédrale, dans le quartier de la Cité, présentent au sein de la Cité des métiers et des arts de Limoges[78], une exposition permanente d'œuvres de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment et des meilleurs ouvriers de France. Le sous-sol accueille diverses expositions temporaires. Des conférences et des activités de découverte des métiers sont également données tout au long de l'année, notamment lors des journées du Patrimoine.

 

Depuis 1982, le Fonds régional d'art contemporain (FRAC Limousin), est présent à Limoges. Il est installé dans la galerie des Coopérateurs, ancien entrepôt industriel, depuis 1991, tout près du théâtre de l'Union. Il possède plus de 1 200 œuvres, présente des expositions tout au long de l'année, notamment en partenariat avec d'autres FRAC et des établissements d'art contemporain régionaux, et en prête pour des expositions dans de nombreux lieux nationaux et internationaux[79].

 

Bibliothèques

 

La BFM

Le réseau des bibliothèques municipales de Limoges bénéficie depuis septembre 1998 d'un site en centre-ville de tout premier plan : la bibliothèque francophone multimédia de Limoges, communément appelée par les Limougeauds la « BFM », installée dans un vaste bâtiment moderne situé tout près de la mairie. Labellisé « Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale » par le Ministère de la Culture, pôle associé à la Bibliothèque Nationale de France dans le domaine du théâtre et de la poésie francophone, pôle associé à la BnF également au titre du dépôt légal imprimeur en région Limousin[80], ce vaste ensemble culturel de 14 800 m² fait référence tant en France qu'à l'étranger. Un fonds Limousin et un fonds périodiques sont installés dans l'aile conservée de l'ancien hôpital régional.

 

Ce réseau comprend aussi cinq bibliothèques de quartier : l’Aurence, Beaubreuil, la Bastide, Landouge et le Vigenal. Avec plus de 700 000 documents dont 350 000 en libre accès, 53 000 lecteurs inscrits les fréquentent, générant près de 1,2 million de prêts par an. S'y ajoutent également de nombreux usagers non-inscrits et non-emprunteurs qui viennent profiter du calme du lieu et notamment de son jardin d'hiver.

 

Limoges est de plus une des rares villes de plus de 100 000 habitants (avec Lille et Nice) où l’inscription et le prêt sont totalement financés par le contribuable au titre des impôts locaux et donc gratuits pour l'utilisateur quel que soit son lieu de résidence.

 

Salles de spectacles, de concerts et cinémas

 

Limoges possède un ensemble de centres culturels municipaux (CCSM), proposant des spectacles de musique, de théâtre, jeune public, des expositions, des stages et des animations tout au long de l'année. Un abonnement est proposé. La programmation est souvent saluée par le public et les critiques. Il y a ainsi cinq centres répartis sur le territoire communal : Jean-Gagnant, Jean-Moulin, Jean-Le Bail, John Lennon et Jean-Macé.

 

S'ajoutent à ces lieux plusieurs théâtres indépendants : le théâtre de l'Union-Centre dramatique national, le théâtre Jules-Noriac, le théâtre Expression7, le théâtre de la Passerelle.

 

 

 

L'Opéra-Théâtre de Limoges, ouvert au début des années 1960 en plein centre-ville, membre de la Réunion des Théâtres Lyriques de France, propose chaque année une saison d'opéras.

 

Le Zénith de Limoges, ouvert en mars 2007, accueille désormais la quasi-totalité des manifestations importantes, des spectacles et des grands concerts.

 

Le château de la Borie, situé entre Limoges et Solignac, sur cette dernière commune, abrite l’Ensemble baroque de Limoges[81] au sein du centre culturel de rencontres « La Borie en Limousin », dans un cadre naturel remarqué.

 

Alors que Limoges comptait au milieu du XXe siècle de nombreuses salles de cinéma (Omnia, Olympia, Vox, Star, Colisée, Rex, Les Écrans, ...), il n’existe désormais plus que trois complexes, appartenant tous au même groupe cinématographique « Grand Écran »[82] :

 

Le Multiplexe Grand Écran Centre (14 salles - 2450 fauteuils) situé place Denis Dussoubs en centre-ville

Le Lido (3 salles - 660 fauteuils), classé cinéma Art et essai, situé non loin de la gare des Bénédictins

Le Multiplexe Grand Écran Ester (10 salles - 2000 fauteuils), qui a ouvert ses portes le 15 octobre 2008, à la périphérie de la ville, non loin de la technopole ESTER, et qui s'inscrit dans la « mode » des constructions de cinémas aux entrées de villes.

La fédération « Hiero »[83] de Limoges gère également la programmation de nombreux spectacles de musiques actuelles, au sein de plusieurs salles comme le centre culturel John Lennon, et café-concerts dont les plus connus des Limougeauds et des habitants de la région sont le « Woodstock Boogie Bar » et « la Fourmi ».

 

Festivals

 

La qualité des manifestations limougeaudes est souvent saluée, bien que leur portée soit rarement audible au niveau national, en dehors des habitués. Le Festival des Francophonies en Limousin, festival international des théâtres francophones, qui se déroule tous les ans fin septembre-début octobre, et qui est organisé depuis 1984.

 

Le zèbre, symbole du festival des Francophonies

La vie culturelle de Limoges est également marquée par une importante biennale de la danse contemporaine, Danse émoi, l’une des plus importantes de France, ou le festival Pop sur la Ville, organisé par l’association Melting Pop, qui est un festival pour la promotion d’artistes de musique Pop, et qui se déroule courant octobre ou novembre et qui a fêté ses dix ans en 2007.

 

La culture du Web est également à l'honneur avec le Festival International du Webdesign[84], qui réunit tous les deux ans des webdesigners pour sa grande finale internationale. Ils doivent ainsi créer un site Web sur un thème imposé en 24h non stop. Des conférences sur les thèmes du design interactif, du Web 2.0, du Webdesign, de la sécurité du Web, du design sonore et du design sensoriel sont organisées en parallèle du festival et sont accessibles à tous ses participants.

 

La littérature n'est pas oubliée, avec le festival Lire à Limoges, salon du livre, tous les ans en avril, qui a accueilli 60 000 visiteurs en 2004. Un festival de poésie baptisé Manifesten a aussi été lancé en 2007.

 

Le jazz n'est pas en reste, avec le festival Éclats d'émail[85], lancé en 2006, qui se déroule tous les ans au mois de novembre.

 

L'association Festiv'Art a créé en 1999 un festival du court-métrage[86], qui se tient au cinéma le Lido en mars.

 

Tous les ans au mois d'août, a lieu le festival de cuivres et percussions Epsival.

 

Langue et culture régionales

 

Limoges se situe au nord de la zone culturelle de la langue d’oc (Croissant). On y parle donc l’occitan sous sa forme limousine.

 

Les dialectes de l’Occitan

Les premiers textes occitans que l’on peut retrouver à Limoges sont parmi les plus anciens de cette langue[réf. nécessaire] (les poésies de l’abbaye Saint-Martial, notamment). Ainsi dès le Moyen Âge, Limoges est un centre culturel de première importance pour le Sud de l’Europe. Les communautés municipales et les bourgeois de Limoges font le choix du dialecte limousin comme langue d’administration malgré la concurrence du français royal.

 

Réunion du félibrige

Mais, comme partout en France, la langue officielle progresse au fil des siècles, même si l’usage de la langue vernaculaire perdure. Il existe ainsi une littérature importante d’expression occitane produite et publiée à Limoges depuis le XVIIIe siècle. Le mouvement félibréen venu de Provence aura sa place en Limousin avec un majoral.

 

La pratique de musiques et d’instruments traditionnels comme la vielle à roue est toujours très vivace

Après la première guerre mondiale, la langue perd de son importance dans les quartiers populaires comme celui des Ponts. Certaines figures la font néanmoins vivre. Ainsi, André Dexet, alias Panazô, la restitue au travers de ses romans, mais aussi de ses articles dans la presse locale[Note 8]. Panazô anime aussi, sur FR3 Limousin, un magazine de treize minutes tous les quinze jours en alternance avec l’Institut d'Études Occitanes (IEO) de Haute-Vienne. La chaîne publique locale retransmet également quelques émissions de FR3 Aquitaine dans les années 1980. D’autres personnalités prennent la parole dans les médias limougeauds[Note 9]. Limoges a aussi une revue plus littéraire et linguistique : La Clau lemosina[Note 10].

 

À Limoges, le mouvement félibréen a pris la forme de groupes folkloriques comme l’Eicola dau Barbichet[Note 11], Lou Roussigno dau Limouzi et l’Eglantino do Lemouzi. Mais ces groupes ne sont pas les seuls, et les années 1990 ont vu la création de nouveaux groupes, à l'image des autres régions occitanes, cette fois-ci sans costumes et au public plus diversifié, auxquels on préfère, à l'image de la pratique enseignée au Conservatoire, le terme de traditionnel à celui de folklorique.

 

Drapeau occitan

Actuellement, la langue et la culture occitanes sont toujours présentes à Limoges bien que dans les médias, la situation soit moins riche que dans les années 1980-1990[Note 12]. Cependant, un département de musique traditionnelle[87], le 1er en France, a été créé en 1987 au conservatoire à rayonnement régional de Limoges (CRR)[Note 13]. L’IEO (Institut d'Études Occitanes) dau Lemosin[88], outre sa librairie, propose des cours pour adultes, des stages de chants et de danse, ainsi qu’un atelier d’écriture[Note 14].

 

La présence de la langue d’oc est aussi un atout touristique pour Limoges. Ainsi, l’office de tourisme organise depuis l’été 2006 des visites en occitan de la ville.

 

Des associations et des personnalités politiques[Note 15] demandent la double signalisation des panneaux indicateurs, particulièrement les panneaux de rue, comme à Toulouse par exemple.

 

En 2008, l'historien et écrivain Laurent Bourdelas a publié le 1er Abécédaire de la littérature du Limousin aux Ardents éditeurs, la 1re histoire littéraire de la région et de ceux qui en sont originaires jamais écrite. Il y est beaucoup question de Limoges et de ses auteurs.

 

Limoges dans la culture

 

L'atmosphère, la vie politique et sociale de la ville, mais aussi fortement l'image de celle-ci ailleurs en France et par exemple à Paris, ont souvent influencé les artistes, en particulier les écrivains. Ainsi, Molière, dans Monsieur de Pourceaugnac, imagine un héros simple d'esprit et rustre, campagnard limousin originaire de Limoges, quand le Limousin donne la vision d'un territoire éloigné, isolé et mystérieux. Honoré de Balzac situe dans cette ville une grande partie de Le Curé de village (1841) où Pierre Graslin « s'était bâti, dans le nouveau quartier de la place des Arbres, destiné à donner à Limoges une physionomie agréable, une belle maison sur le plan d'alignement[89]. »

 

La septième pièce de la célèbre œuvre pour piano du compositeur russe Modeste Moussorgski, Les Tableaux d'une exposition, écrite en 1874 et orchestrée 48 ans plus tard par Maurice Ravel, met en scène le marché de Limoges.

 

Le passé historique de Limoges et de la région est représenté dans quelques livres, comme Les Destinées sentimentales, de Jacques Chardonne, ainsi que plusieurs œuvres cinématographiques, comme récemment le téléfilm français Les Camarades, relatant la vie de jeunes résistants communistes après la Libération, à l'image de Georges Guingouin, dirigeant du maquis du Limousin.

 

L'Histoire a également donné naissance à de nombreux airs et chansons populaires, à travers par exemple les grèves et manifestations ouvrières de 1905, réunis dans un enregistrement baptisé rue de la Mauvendière[90], enregistré en 1986 et réédité en 2005, pour le centenaire des évènements. Ces mêmes évènements ont aussi inspiré la réalisation en 2005 d'un téléfilm, 1905, se déroulant en particulier à Limoges et à Mortemart à l'époque de la séparation de l'Église et de l'État.

 

D'autres films ont été tournés à Limoges, tels le drame de Patrice Chéreau Ceux qui m'aiment prendront le train, sorti en 1998, avec des scènes se déroulant au cimetière de Louyat, « le plus grand d'Europe », Providence, d'Alain Resnais, illustration de la psychanalyse couronnée du César du meilleur film en 1977, Mes Petites Amoureuses de Jean Eustache en 1974 (avec Maurice Pialat), ou encore Un peu de soleil dans l'eau froide, adaptation d'un livre de Françoise Sagan, ainsi qu'une scène de Quelques jours avec moi, de Claude Sautet[91].

 

Vraisemblablement le plus célèbre des Limougeauds, le peintre Auguste Renoir, n'a jamais fait figurer sa ville natale dans son œuvre importante. Limoges est pour ainsi dire absente des tableaux des grands peintres, mais beaucoup d'artistes locaux l'ont représentée, comme Paul-Laurent Courtot ou Auguste Aridas, qui peignit notamment le monde ouvrier de la seconde moitié du XIXe siècle.

 

Un spot publicitaire pour le parfum Chanel N°5, destiné à être diffusé à la télévision et au cinéma dès le 5 mai 2009[92] en France, réalisé par Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou comme égérie, a été tourné à la gare des Bénédictins en mai 2008[93]' [94].

 

Philatélie

 

Timbre édité en 2007

Plusieurs timbres postaux représentant Limoges ont été émis :

 

Le 5 octobre 1942, un timbre postal avec surtaxe au profit du Secours national, d'une valeur de 2,40 + 2,80 francs, représentant les armoiries de la ville de Limoges[95].

Le 26 mars 1955, un timbre postal, d'une valeur de 12 francs, représentant le pont Saint-Étienne et la cathédrale Saint-Étienne de Limoges[96].

Le 23 mars 2007, un timbre postal, d'une valeur de 0,54 euro, représentant la gare des Bénédictins et le détail d'une porcelaine de Limoges[97].

Personnalités liées à la commune

 

Article détaillé : Personnalités liées à Limoges.

Natifs de Limoges

 

Pierre Victurnien Vergniaud (° 1753 - † 1793) - Avocat et révolutionnaire, proche de Danton, girondin, guillotiné à Paris.

Jean-Baptiste Jourdan (° 1762 - † 1833) - Maréchal d'Empire

Léon Faucher (° 1803 - † 1854) - Ministre de l'Intérieur de Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, il est aussi l'arrière-grand-oncle de François Mitterrand.

Sadi Carnot (° 1837 - † 1894) - Il fut président de la République du 3 décembre 1887 au 25 juin 1894, date de son assassinat à Lyon par un anarchiste italien.

Auguste Renoir (° 1841 - † 1919) - Peintre impressionniste.

Maryse Bastié (° 1898 - † 1952) - Aviatrice

Georges-Emmanuel Clancier (° 1914) - Poète et écrivain.

Roland Dumas (° 1922) - ministre des Relations extérieures de 1984 à 1986, puis ministre des Affaires étrangères de 1988 à 1993.

Roland Castro (° 1940) - Architecte, fondateur du Mouvement de l'Utopie Concrète, et auteur du plan de renouvellement urbain « Banlieues 89 ».

Xavier Darcos (° 1947) - Ministre du Travail et des Affaires sociales depuis juin 2009.

Alain Marsaud (° 1949) - Magistrat, ancien député de la Haute-Vienne, il a été chef du Service central de lutte antiterroriste au Parquet de Paris dans les années 1980.

Franck Pulcini - Trompettiste français